Octobre : mois de l’histoire des femmes !

Pour ce mois de l’histoire des femmes, nous vous présentons une sélection avec principalement des livres en lien avec les femmes et l’anarchisme.

Par ailleurs, nous vous suggérons aussi de suivre, via les réseaux sociaux,  les différentes interventions pour ce mois, en particulier celles de notre camarade historienne Camille Robert au #histoiredesfemmes qui a justement parlé des Mujeres Libres  en début de mois.

Sur les Mujeres Libres

Outre les titres ci-dessous, on lira avec intérêt un recensement critique de deux livres sur le sujet, avec plein de références et commentaires pertinents par l’historienne française, féministe et libertaire Claire Auzias (dont nous avons plusieurs livres à L’Insoumise) dans l’excellent bulletin de critique bibliographique «A contretemps», à cette adresse.

On peut aussi voir l’affiche  (en fin de la présente sélection)  que le collectif de diffusion libertaire La Sociale (qui participe à L’Insoumise) a produite pour le salon du livre de 2011 sur ce site avec une présentation.

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LA VIE SERA MILLE FOIS PLUS BELLE
Les Mujeres Libres, les anarchistes espagnols et l’émancipation des femmes
Martha A. ACKELSBERG

Atelier Création Libertaire Lyon
250 pages 
$24

En 1936, des groupes de femmes à Madrid et à Barcelone fondèrent les Mujeres Libres, organisation destinée à libérer les femmes du « triple asservissement à l’ignorance, en tant que femmes, et en tant que productrices ». Bien que cela ait duré moins de trois ans (leurs activités en Espagne connurent une fin abrupte lors de la victoire des forces franquistes en février 1939), les Mujeres Libres mobilisèrent plus de 20 000 femmes et développèrent un vaste réseau d’activités visant à accroître l’autonomie des femmes tout en construisant un sens de la communauté.

Martha A. Ackelsberg enseigne les sciences politiques et les études de genre dans une université américaine de femmes, le Smith College.

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LIBERTARIAS
FEMMES ANARCHISTES ESPAGNOLES
Ouvrage coordonné par Hélène FINET

250 pages
$26
 nada éditions

Indomptables, insoumises, rebelles, mères, ouvrières, paysannes, syndicalistes, combattantes et « guérillères », les libertaires espagnoles, depuis la fin du XIXe et tout au long du XXe siècle, n’ont cessé de clamer leur désir d’émancipation sociale en leur nom propre.

Si l’histoire retient surtout le rôle déterminant du groupe Mujeres Libres lors de la guerre civile et de la révolution de 1936-1939, cet ouvrage met l’accent sur la pluralité des formes de luttes et de récits de ces militantes qui témoignent d’une véritable spécificité de l’engagement des femmes anarchistes espagnoles.

Contre l’invisibilisation d’un combat ponctué par l’expérience des luttes, des guerres et de l’exil, il s’agit ici, à travers les trajectoires de Francisca Saperas, Ana Delso (réfugiée au Québec), Antonia Fontanillas Borras, Les Solidarias, Mujeres libres et bien d’autres, de reconstruire une mémoire collective au féminin, tout en soulignant le caractère transgénérationnel de l’anarchisme espagnol au sein duquel les femmes ont joué un rôle sans précédent.

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FEMMES D’ESPAGNES EN LUTTE
Le courage anonyme au quotidien – de la guerre civile à l’exil
Sara BERENGUER

Atelier de Création Libertaire
157 pages
$21

Cet ouvrage est construit comme une galerie de portraits de femmes que Sara Berenguer a connues et côtoyées en Espagne, au moment de la guerre civile, ou en exil, où toutes ont mené, chacune à leur façon, le combat pour leur idéal. Sara, sans qui la plupart de ces femmes seraient restées anonymes, contribue ainsi à l’histoire de l’Espagne et du mouvement libertaire, rapportant, grâce aux témoignages qu’elle a su solliciter, de grandes actions et des petits gestes tous essentiels, même si on ne sait pas toujours leur donner leur juste valeur, face au cours de l’Histoire.

Sara Berenguer est née à Barcelone dans le quartier de Las Corts en 1919. Dès qu’éclate la révolution en juillet 1936, elle œuvre sans relâche pour « aider la révolution », s’engageant également dans la lutte pour l’émancipation des femmes, notamment au sein du groupe Mujeres libres. Toute sa vie est à la hauteur de cet engagement et elle ne cesse plus d’être, même dans l’exil, à Montady (Hérault), une militante anarchiste. Sa lutte prend différentes formes, notamment celle du témoignage et de l’écriture.

Traduit de l’espagnol par Carmen Salvador Guillén

Préface par Isabelle Felici

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MAY LA RÉFRACTAIRE
MES 81 ANS D’ANARCHISME
May PICQUERAY

Pages :220
$22
Les Éditions libertaires

Ce livre est tout à la fois passionnant et bouleversant. Passionnant, parce que May Picqueray (1898-1983) n’aura loupé aucun des grands rendez-vous de l’histoire de 1920 à sa mort.

Bouleversant, parce que rien ne prédisposait une petite bretonne à rencontrer et à cotoyer des Sébastien Faure, Nestor Makhno, Emma Goldman, Alexandre Berckman, Marius Jacob, Durruti…, et autres personnalités du mouvement anarchiste français et international du XXe siècle. Et tout cela, en se payant le luxe d’une intransigeance de tous les instants, d’un courage à toute épreuve et d’une gentillesse jamais démentie.

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L’AGONIE DE LA RÉVOLUTION
MES DEUX ANNÉES EN RUSSIE (1920-22)

Emma GOLDMAN

 

300 pages
$23
Les Nuits rouges
Traduction : Etienne Lesourd

Ce livre contient les récits des rencontres d’Emma Goldman, célèbre anarchiste américaine, avec les dirigeants et militants bolchéviques, ainsi qu’avec les anarchistes persécutés et d’innombrables anonymes rencontrés au cours de ses voyages en Russie soviétique. Elle constate que, deux ans et demi après Octobre, Le système, dont elle analyse la nature, réunit déjà en germe tout ce qui fera le totalitarisme stalinien, à l’exception du culte de la personnalité, dont Lénine ne voulait pas.

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NE CROIS PAS AVOIR DE DROITS
Librairie des femmes de Milan

265 pages
$25
Éditions la Tempête

 Ne crois pas avoir de droits est le récit d’une expérience collective. L’expérience d’un groupe de femmes qui, dans les années 1970 en Italie, cherchèrent les ressources nécessaires à l’exercice de leur liberté, prenant le contre-pied d’une logique de victimisation qui leur conseillait avant tout de réclamer, légalement, les droits qui devaient permettre leur émancipation. Ce livre est l’histoire de leurs victoires comme de leurs échecs, pour que la liberté soit quelque chose de vécu plutôt que quelque chose de simplement formel. La Librairie des femmes propose un chemin singulier : investir la sphère symbolique, souvent délaissée, comme lieu où puiser afin de faire éclore une puissance féminine. Ce récit ne nous invite pas tant à suivre leur chemin qu’à nous inspirer de leur démarche, à prendre conscience de la force de toute politique qui part de soi.

«Nous avons traduit Ne crois pas avoir de droits à plusieurs mains, masculines et féminines, au cours des années 2015 et 2016. Nous venons de différentes villes de France et d’Italie, et nous nous retrouvons autour du désir de lier réflexions politiques et pratiques révolutionnaires. La traduction de ce livre s’est faite collectivement selon une méthode improvisée, aussi chaotique que fructueuse. La géométrie variable de nos rencontres a fait que nous nous sommes finalement retrouvées entre femmes à la fin de l’été 2016 pour écrire la préface qui suit. Elle est le fruit de nombreuses discussions qui ont émergé au cours de ce travail, entre nous mais aussi avec les femmes de la librairie de Milan que nous avons rencontrées en janvier 20116. Lire un extrait de la préface.

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CALIBAN ET LA SORCIÈRE
Silvia FEDERICI

368 pages – 13 x 20 cm
$35
 Entremonde
Collection La rupture
Co-édition avec les éditions Senonevero

L’auteure nous invite à réfléchir aux rapports d’exploitation et de domination, à la lumière des bouleversements introduits à l’issue du Moyen Âge. Un monde nouveau naissait, privatisant les biens autrefois collectifs, transformant les rapports de travail et les relations de genre. Ce nouveau monde, où des millions d’esclaves ont posé les fondations du capitalisme moderne, est aussi le résultat d’un asservissement systématique des femmes.

Par la chasse aux sorcières et l’esclavage, la transition vers le capitalisme faisait de la modernité une affaire de discipline. Discipline des corps féminins dévolus à la reproduction, consumés sur les bûchers comme autant de signaux terrifiants, torturés pour laisser voir leur mécanique intime, anéantis socialement. Discipline des corps d’esclaves, servis à la machine sociale dans un formidable mouvement d’accaparement des ressources du Nouveau Monde pour la fortune de l’ancien.

Silvia Federici (née en 1942 à Parme en Italie) est une universitaire américaine, enseignante et militante féministe radicale. Elle est professeure émérite et chercheuse à l’Université Hofstra à New York.

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TEXTES CHOISIS
Clara WICHMANN

50 p. – 15 x 21 cm –
Collection Désobéissances libertaires 
$10
 Les Éditions libertaires

 Clara Wichmann (1885-1922), hollandaise d’origine allemande, précède de quelques années l’Allemand Fritz Oerther (1869-1935) dans l’élaboration d’une pensée non-violente et libertaire. Bien que ne connaissant pas Gandhi, Clara Wichmann, dépassant l’alternative « Ne rien faire ou lutter par les armes », fut une des premières à utiliser le mot de « non-violence » et à concevoir la notion d’action directe non-violente.

Dans ces quatre « Textes choisis », cette féministe, juriste, pédagogue, met en avant une société non capitaliste, non autoritaire et non-violente.

Une réflexion d’une actualité brûlante au jour d’aujourd’hui.

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C’EST POSSIBLE!!
UNE FEMME AU COEUR DE LA LUTTE DE LIP (1973-1974)
Monique PITON

384 pages | 13 x 20 cm |
$33

Éditions L’Échappée

En avril 1973, l’entreprise Lip de Besançon, fleuron de l’industrie horlogère française, est rachetée par une multinationale et soumise à un plan de délocalisation entraînant son démantèlement et le licenciement des 1 200 employés. Grâce à un Comité d’action qui libère la parole, l’imagination et la créativité de toutes et tous, en lien avec les syndicats, les travailleuses et travailleurs de Lip résistent d’une manière exemplaire, inventant ou réinventant des pratiques de lutte, d’action et de démocratie directes qui trouvent un écho national et international avec le slogan : « On fabrique, on vend, on se paie ! » Ils s’emparent du stock de montres, mis en lieu sûr ; celles-ci sont vendues dans toute la France pour leur assurer un salaire. Un restaurant convivial est créé ; des meetings sont organisés, des comités de soutien voient le jour ; une grande marche rassemble 100 000 personnes à Besançon. En janvier 1974, la promesse de reprendre tous les salariés est obtenue et Lip redémarre : c’est la fin du premier conflit. Deux ans plus tard, l’État s’emploie à saborder systématiquement l’entreprise et à briser des vies pour détruire ce symbole de l’autogestion et d’une lutte victorieuse contre les licenciements. Une postface inédite revient sur le second conflit Lip, à partir de 1976.

D’avril 1973 à janvier 1974, Monique Piton a tenu le journal de ce combat, publié aux Éditions des femmes en 1975, où elle mêle le récit de cette lutte et sa vie quotidienne. Voici à nouveau disponible ce témoignage passionnant d’une belle aventure collective qui démontre que la crise n’est pas une fatalité.

 

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LA GRÈVE DES OVALISTES
(Lyon, juin-juillet 1869)
Claire AUZIAS et Annik HOUEL


184 pages
 prix : $21
Atelier de Création Libertaire

Préface de Michelle Perrot
Première édition : Payot, Paris, 1982

Cette grève des ovalistes, réputée première grande grève de femmes ouvrières en France, est exemplaire des enjeux qui traversent l’histoire des femmes et l’histoire de la classe ouvrière, deux histoires rarement menées sur la même ligne de front, et dont la confiscation de la parole des femmes est le symbole.

Juin 1869 : 1 800 femmes sortent de leurs ateliers lyonnais et se mettent spontanément en grève. Elles sortent aussi leurs malles puisque leur lieu de travail est aussi leur lieu de vie, et si c’est cette spectaculaire occupation de la rue qui est mise en avant par la presse, ce n’est pourtant pas ce que les militants ouvriers qui vont s’intéresser (enfin) à elles vont retenir.

Après plusieurs semaines de grève, possible grâce à la caisse de solidarité de l’AIT (Association internationale des travailleurs) leur adhésion, demandée en retour à cette AIT va être l’enjeu des rivalités toutes masculines en son sein entre courants marxiste et anarchiste. C’est le courant anarchiste bien implanté à Lyon autour de la figure de Bakounine qui va l’emporter : il va être le représentant au crucial Congrès de Bâle, en septembre 1869, des 8 000 ouvrières qui ont adhéré.

Claire Auzias a fait des études de sociologie et d’histoire à l’université Lyon 2. Elle a consacré ses travaux à l’histoire de l’anarchisme, des femmes et du féminisme, et des Roms. Chacune de ces thématiques a donné lieu à des publications. Elle a dirigé les éditions Egrégores et actuellement termine une histoire sociale de Mai 68 à Lyon à paraître en 2017.

Annik Houel a été professeure de psychologie sociale à Lyon 2. Elle est membre d’un centre d’enseignements et de recherches féministes, le CLEF, rebaptisé Centre Louise Labé, ainsi que du CA de l’ANEF, qui milite pour la reconnaissance des études féministes dans la recherche et à l’université. Elle a publié divers ouvrages dont le dernier, Rivalités féminines au travail, L’influence de la relation mère-fille, a été édité en 2014 chez Odile Jacob.

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CELLES DE 14
LA SITUATION DES FEMMES AU TEMPS DE LA GRANDE BOUCHERIE
HÉLÈNE HERNANDEZ

120 p.
$16
 Les Éditions libertaires

Les femmes restent les grandes oubliées des guerres. Pourtant elles vivent le départ des hommes – mari, compagnon, fils, père – et qu’elles soient favorables ou non à la guerre, elles craignent ce qu’il adviendra de ces guerres des puissants qui envient au massacre les humbles et les pauvres. Tous ceux qui sont appelés ne partent pas la fleur au fusil, et bien souvent, toutes celles qui restent n’ont guère d’ambition guerrière.

Pendant la première guerre mondiale, le quotidien de la vie des femmes est bouleversé. Mais quelle est cette histoire de ces femmes de 1914 ? Quelle est la réalité sociale et économique : solitude, chagrin du deuil, responsabilités nouvelles en remplaçant les hommes dans de nombreux métiers ? Mais aussi quel engagement militant dans le mouvement politique, féministe, pacifiste ?

Ces quatre années ont-elles représenté une marche vers l’émancipation des femmes ou au contraire une consolidation des rôles et des rapports sociaux de sexe ? Car au lendemain de la guerre, l’ordre du jour est pour les femmes de rendre leur place aux hommes et de se consacrer au repeuplement de la France.

À partir de nombreuses lectures croisées, et nourrie d’une militance anarchiste, anarcho-syndicaliste et féministe, l’auteure tente de cerner ce que cette histoire dit de la situation des femmes d’aujourd’hui. La guerre tue toujours, et de plus en plus de population civile : les femmes en paient un lourd tribut sans que leur histoire puisse être au grand jour.

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Affiche couleur, format 11X17, papier glacé

Le collectif de diffusion libertaire La Sociale de Montréal au Québec a édité, en marge du salon du livre anarchiste de mai 2011, une affiche pour saluer les 75 ans de la fondation des Mujeres Libres.

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