NOUVEAUTÉS – sélection 3 avril 2017

Nanni BalestriniPrimo Moroni

La Horde D’or

La Grande Vague Révolutionnaire et Créative, Politique et Existentielle

En Italie De 1968 À 1977

Traduction Jeanne Revel – Langue d’origine : Italien

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Éditions de l’éclat

624 pages

$38

La Horde d’or est un ouvrage de grande ampleur qui relève à la fois du livre d’histoire, de la compilation de documents, du témoignage à la première personne. Il associe analyse, documentation et écriture. Il fait partie de ces ouvrages « trans-genres » (pour reprendre une terminologie en usage dans d’autres domaines), qui apporte une information de première main et de première importance sur un moment crucial de l’histoire politique italienne, mais également européenne. Outre les deux rédacteurs principaux, l’un écrivain, l’autre libraire (décédé en 1998), de nombreux auteurs italiens ont participé à l’ouvrage, signant des contributions souvent importantes. On peut citer : Paolo Virno, Umberto Eco, Antonio Negri, Raniero Panzieri, Sergio Bologna, Oreste Scalzone, ou même … Giorgio Amendola. À ce jour, c’est encore l’unique ouvrage disponible sur l’ensemble des conflits sociaux en Italie entre 1968 et 1977. Le seul livre qui traverse l’ensemble des composantes de ce mouvement souvent ignoré, parfois mythifié. Sans doute, la formule « années de plomb » a-t-elle joué un rôle important dans cet effacement, puisqu’elle prétend encore en résumer la teneur et l’avenir. Elle marque surtout un manque d’histoire sur le « long mai» italien, et c’est à ce manque d’histoire que Primo Moroni et Nanni Balestrini ont voulu explicitement répondre, et à quoi s’est attelé un collectif d’auteurs, afin de raconter à nouveau, et livrer un panorama à la fois large et précis de ce qu’ils ont appelé, la « grande vague révolutionnaire et créative, politique et existentielle» de l’Italie entre 1968 et 1977. Outre des analyses et des contributions de témoins et de lecteurs de cette « grande vague », le livre réunit un ensemble de documents considérables, soigneusement choisis et dont un grand nombre serait tombé dans l’oubli sans le soin particulier d’archiviste qui caractérisa Primo Moroni, à l’initiative de l’ouvrage, dont la librairie ouverte à Milan en 1971 devint vite un repère incontournable pour l’ensemble de la gauche italienne. À ce titre, on trouve dans La Horde d’or aussi bien des chansons que des tracts, des récits et des témoignages, des analyses, des communiqués, des appels ou des articles, tous publiés à l’époque et relatifs aux événements qui ébranlèrent la société italienne.

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Alessandro Stella

Années de rêves et de plomb

Des grèves à la lutte armée en Italie (1968-1980)

Agone

168 pages

$20

« Il n’y avait pourtant pas que le politique dans notre vie. “Le personnel est politique”, nous avaient appris nos camarades féministes. Et alors que nous plongions tête la première dans la dernière tentative de révolution communiste en Europe, nous révolutionnions aussi nos rapports interpersonnels… Nous avions un désir débordant de mordre la vie, d’aller au bout d’une aventure enivrante, de profiter de tout ce que le monde pouvait nous offrir, ici, tout de suite, sans attendre le paradis céleste, ni le grand soir. “Qu’est-ce que vous voulez ?”, nous demandait-on. On répondait : “Nous voulons tout !” »

En 1979, dans le Nord de l’Italie, la mort accidentelle de trois membres de l’Autonomie ouvrière donne lieu à une violente répression. Comment en est-on arrivés là ?
Revenant sur la longue histoire des combats ouvriers italiens, mai 68 et l’influence du Chili de Pinochet sur la militarisation des groupes socialistes, ce livre met au jour la continuité des luttes entre les années 1960 et les années 1970. De l’influence des Brigades rouges aux moyens d’action concrets, des limites de la lutte armée au rôle des intellectuels dans le militantisme, cet hommage à d’anciens camarades revendique le droit de se souvenir et la nécessité de perpétuer un combat pour un monde plus juste.

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Alexandre Skirda

Kronstadt 1921

Soviets libres contre dictature de parti

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376 pages

Éditions Spartacus

$32

La révolte en 1921 de la garnison et des ouvriers de l’île de Kronstadt, près de Petrograd, a immédiatement été présentée par le régime soviétique comme l’action de contre-révolutionnaires téléguidés, selon les cas, par les Russes blancs ou les mencheviks. L’origine, les motivations, les revendications, les formes prises par ce mouvement, ainsi que la répression féroce qu’il a subie furent inévitablement ensevelies sous les torrents de la propagande. Quand Trotski devint un dénonciateur de premier plan du régime soviétique, lui-même et ses partisans n’en continuèrent pas moins à relayer cette même propagande.

En France, même si des militants anarchistes avaient signalé les événements de Cronstadt, il faudra attendre 1949 et la publication chez Spartacus de La commune de Cronstadt d’Ida Mett pour mieux connaître le contenu et le déroulement du soulèvement.

Si c’est en 1972, déjà, qu’Alexandre Skirda a publié son premier ouvrage sur Kronstadt, les contacts qu’il a pu nouer dans les années suivantes et les documents jusqu’alors tenus secrets rendus publiques en Russie auxquels il a pu accéder lui ont permis d’enrichir considérablement le récit et l’analyse des événements. Il s’appuie notamment sur des témoignages de première main, en particulier celui du commandant provisoire de Kronstadt ; on trouvera aussi dans ce livre des photos inédites des insurgés.

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 Coordonné par La Décroissance

Le Progrès m’a tuer…

Leur écologie et la nôtre

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330 pages
$32

L’Échappée et Le Pas de Côté

Le dérèglement climatique s’accélère ; les glaces fondent ; les océans s’acidifient ; le niveau des mers monte ; la maison brûle… Alors que les rapports sur les ravages environnementaux se font de plus en plus alarmistes, institutions internationales et États appellent à la mobilisation générale pour faire face au « défi climatique. Leur plan d’urgence ? Accélérer l’innovation technologique pour rendre le développement plus durable. Leur écologie est en fait une opportunité pour conforter le système industriel et intensifier la marchandisation du monde.

En quatre décennies, ce programme a pourtant fait la preuve de son échec. Le développement durable n’a pas eu lieu. Il n’y a pas de croissance verte. L’expansion économique se nourrit d’une quantité sans cesse accrue d’énergie et émet toujours plus de pollution. Nous ne pouvons pas prétendre préserver la nature et l’homme sans nous attaquer à cette dynamique.

C’est pourquoi notre écologie, elle, porte un projet de rupture radicale : elle remet en cause le capitalisme, le déferlement technologique, l’organisation industrielle, l’impératif de croissance, un certain mode de vie et d’être. De sensibilités diverses, mais partageant tous cette perspective, les auteurs réunis ici, grandes voix critiques venant des quatre coins du monde, appellent à rejeter l’idéologie destructrice du Progrès.

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Pierre Bitoun et Yves Dupont

Le Sacrifice des paysans

Une catastrophe sociale et anthropologique

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336 pages

L’Échappée

$32

 Pourquoi les sociétés modernes ont-elles décidé de sacrifier les paysans ? Qui est responsable de ce processus qui semble irréversible ? Pour tenter de répondre à ces questions fondamentales, ce livre montre comment, depuis des décennies, en France comme ailleurs, le productivisme s’est étendu à l’ensemble des activités humaines. Avec pour conséquences : déracinement et marchandisation, exploitation du travail et des ressources naturelles, artificialisation et numérisation de la vie. L’époque est aujourd’hui aux fermes-usines et aux usines que l’on ferme ou délocalise, tandis que dominent, partout, finance et technoscience.

Le sacrifice des paysans est l’un des éléments du processus global de transformation sociale dont il faut, au préalable, comprendre les causes. Ainsi, les auteurs analysent le mouvement historique au sein duquel s’est déployé le projet productiviste au cours des 70 dernières années, des « Trente Glorieuses aux Quarante Honteuses ». Puis ils expliquent comment le long travail d’« ensauvagement des paysans » a mené à la destruction des sociétés paysannes et des cultures rurales.

De ce véritable ethnocide, qui a empêché l’alternative au capitalisme dont une partie des paysans était porteuse, nous n’avons pas fini, tous, de payer le prix.

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