Suite nouveautés décembre 2016

Les nouveautés de fin d’année continuent à arriver à la librairie :

Pour des cadeaux anarchistes : des livres anarchistes !

 

Lire Debord

Coordonné par Laurence Le Bras et Emmanuel Guy

Avec des inédits de Guy Debord

L’ÉCHAPPÉE

440 pages | 17 x 24 cm |  $35

Guy Debord n’a jamais laissé de répit à son objet d’étude, qui fut aussi son terrain de lutte : la société du spectacle. Suivant une trajectoire continue, ses oeuvres, les unes après les autres, ont mis au jour le canevas sur lequel se déploient les multiples avatars de la logique marchande : aliénation au travail, dépendance à la consommation, falsification de la vie.

De la même façon, Debord ne nous laisse, à nous lecteurs, aucun répit. On le savait déjà à travers les livres publiés de son vivant, qui montrent avec quelle ténacité il maintint jusqu’à la fin le cap qu’il avait commencé à suivre au début des années 1950. Mais les notes inédites rédigées tout au long de sa vie pour des projets restés inaboutis incitent aussi à poursuivre sa réflexion sur l’évolution des sociétés contemporaines, et sur les moyens d’enrayer son cours funeste. Ainsi faut-il décrypter ces documents rassemblés et publiés ici pour la première fois : notes préparatoires pour la poursuite de son oeuvre autobiographique et critique, définition des bases politiques de l’Internationale situationniste, ou encore un dictionnaire qu’il avait en projet dans les années 1980 en vue de critiquer la corruption du langage par le spectacle.

Les commentaires et les mises au point qui accompagnent la publication de ces inédits permettent d’accéder à une meilleure compréhension de l’oeuvre de Debord. Écrits par des auteurs de différents pays, ces textes abordent des moments précis de son parcours et traitent de thématiques variées et originales. Par leur richesse, leur clarté et leur érudition, ils entendent inviter à lire Debord – et le relire. Démarche plus que jamais nécessaire.

 

Vive la révolution, à bas la démocratie !
Anarchistes de Russie dans l’insurrection de 1905.
Récits, parcours et documents d’intransigeants.

Mutines Séditions  554 pages $20

Un incontournable !

A l’heure du centenaire de la révolution de 1917, il est plus que temps de se replonger dans la période insurrectionnelle qui l’a précédée de douze ans, celle de l’émergence des premiers soviets, celle aussi du combat d’intransigeants hors des partis et des syndicats vers une liberté sans maîtres ni esclaves.

Avec l’insurrection de 1905 dans l’Empire russe, le mouvement anarchiste a poussé comme des champignons après la pluie, de Bialystok à Łódź, d’Ekaterinoslav à Minsk, mais aussi à Odessa, Kiev, Saint-Pétersbourg, Moscou, Vilnius, Tbilissi ou Irkoutsk. Malgré sa brève existence, il a développé en quelques années une intense activité d’attaques diffuses contre la bourgeoisie (industrielle et commerçante) et contre les défenseurs de l’Etat (flics, matons, gouverneurs ou cosaques). A l’aide d’imprimeries clandestines montées à coups d’expropriations, et de participation sans concession aux grèves, émeutes et autres soulèvements, il a réussi à poser une critique radicale de l’autocratie tsariste comme de son alternative républicaine : la démocratie.

 

Le Sacrifice des paysans

Une catastrophe sociale et anthropologique

Pierre Bitoun et Yves Dupont

336 pages | 14 x 20,5 cm  $28

Pourquoi les sociétés modernes ont-elles décidé de sacrifier les paysans ? Qui est responsable de ce processus qui semble irréversible ? Pour tenter de répondre à ces questions fondamentales, ce livre montre comment, depuis des décennies, en France comme ailleurs, le productivisme s’est étendu à l’ensemble des activités humaines. Avec pour conséquences : déracinement et marchandisation, exploitation du travail et des ressources naturelles, artificialisation et numérisation de la vie. L’époque est aujourd’hui aux fermes-usines et aux usines que l’on ferme ou délocalise, tandis que dominent, partout, finance et technoscience.

Le sacrifice des paysans est l’un des éléments du processus global de transformation sociale dont il faut, au préalable, comprendre les causes. Ainsi, les auteurs analysent le mouvement historique au sein duquel s’est déployé le projet productiviste au cours des 70 dernières années, des « Trente Glorieuses aux Quarante Honteuses ». Puis ils expliquent comment le long travail d’« ensauvagement des paysans » a mené à la destruction des sociétés paysannes et des cultures rurales.

De ce véritable ethnocide, qui a empêché l’alternative au capitalisme dont une partie des paysans était porteuse, nous n’avons pas fini, tous, de payer le prix.

 

LA COLLECTIVISATION EN ESPAGNE

1936 : UNE RÉVOLUTION AUTOGESTIONNAIRE. SUIVI DU TÉMOIGNAGE DE MIGUEL CELMA SUR LA COLLECTIVITÉ DE CALANDA.

COLLECTIF REHDIC

110 p. – 11 x 17 cm   $12

CNT-RP

En 1936, en Espagne, la gauche gagne les élections. Une partie de la population décide d’aller plus loin et s’organise selon les principes de l’anarcho-syndicalisme. En 1936, face au putsh de Franco, des régions entières du pays mettent en place ce que l’on définissait encore comme une utopie : le communisme libertaire. La victoire fasciste viendra clore cette expérimentation à nulle autre pareille.

Ce livre décrit ce qu’elle fut concrètement, puis l’illustre par le témoignage d’un paysan de la collectivité de Calanda.

Une excellente première approche de la révolution espagnole. A compléter par la lecture de “La Tragédie de l’Espagne” pour avoir une vision d’ensemble de ce temps majeur de l’histoire moderne des utopies.

 

CONTRE L’ÉTAT ISLAMIQUE, CONTRE LA GUERRE

PEREZ MATHIEU

96 p. – 10 x 17 cm  $10

Niet éditions

Alors comme ça, Daech nous aurait « déclaré la guerre » le 13 novembre ?

Face à l’idéologie inlassablement rabâchée qui ne veut voir au Moyen-Orient que « conflits confessionnels » et « chocs des civilisations », ce court essai dresse une analyse de ce qu’est l’État Islamique, non à partir de la religion mais à partir des bases matérielles : comme un quasi-État en cours d’intégration dans cette partie du monde en pleine poussée contre-révolutionnaire.

La guerre actuelle n’est que la dernière en date d’une longue série d’interventions occidentales. Et loin d’être un combat de la Civilisation contre la Barbarie, elle s’inscrit dans une logique post-coloniale et impérialiste.

 

La Silicolonisation du monde

L’irrésistible expansion du libéralisme numérique

Éric Sadin

256 pages | 14 x 20,5 cm | $25

L’ÉCHAPPÉE

Berceau des technologies numériques (Google, Apple, Facebook, Uber, Netflix, etc.), la Silicon Valley incarne l’insolente réussite industrielle de notre époque. Cette terre des chercheurs d’or, devenue après-guerre le cœur du développement de l’appareil militaire et de l’informatique, est aujourd’hui le lieu d’une frénésie innovatrice qui entend redéfinir de part en part nos existences à des fins privées, tout en déclarant oeuvrer au bien de l’humanité.

Mais la Silicon Valley ne renvoie plus seulement à un territoire, c’est aussi et avant tout un esprit, en passe de coloniser le monde. Une colonisation d’un nouveau genre, portée par de nombreux missionnaires (industriels, universités, think tanks…), et par une classe politique qui encourage l’édification de valleys sur les cinq continents, sous la forme d’écosystèmes numériques et d’incubateurs de start-up.

Après avoir retracé un historique de la Silicon Valley, ce livre, à la langue précise et élégante, montre comment un capitalisme d’un nouveau type est en train de s’instituer, un technolibéralisme qui, via les objets connectés et l’intelligence artificielle, entend tirer profit du moindre de nos gestes, inaugurant l’ère d’une « industrie de la vie ».

Au-delà d’un modèle économique, c’est un modèle civilisationnel qui s’instaure, fondé sur l’organisation algorithmique de la société, entraînant le dessaisissement de notre pouvoir de décision. C’est pour cela qu’il est urgent d’opposer à ce mouvement prétendument inexorable d’autres modalités d’existence, pleinement soucieuses du respect de l’intégrité et de la dignité humaines.

 

POURQUOI JE SUIS ATHÉE

SINGH BHAGAT

120 p. – 11 x 17 cm  $14

Éditions de l’Asymétrie

Ce texte écrit en prison en 1930 par celui qu’on a appelé le Che Guevara indien, le révolutionnaire Bhagat Singh, constitue un brûlot malmenant à la fois les religions, les castes et le colonialisme. Encore très diffusé aujourd’hui en Inde, il exerce une influence toujours déterminante sur les luttes contre tous les fanatismes, notamment celles des blogueurs, éditeurs et libres penseurs d’Asie et du monde arabe. Les bénéfices tirés de la vente de ce livre seront reversés au site Internet Mukto Mona (Libre Pensée) qui héberge les blogs de plusieurs athées Bengladais.

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