NOUVEAUTÉS DE FIN D’ANNÉE 2015

3 LIVRES POUR ENFANTS :

C’EST QUOI TON GENRE ?

BUNNEL JACINTHA KUSINITZ NATHANIEL

 Ce cahier de coloriage est une adaptation du livre de Jacinta Bunnell et Nathaniel Kusinitz intitulé « Sometimes the spoon runs away with another spoon » publié chez PM Press (éditeur anarchiste américain).

Son thème principal est le genre. Il sera accompagné de textes descriptifs et pédagogiques à destination des parents et des enfants de 2 à 9 ans.

Dans ce livre, il est mis en scène des situations de discrimination et évoque le genre (« gender »). Type de jouets, couleurs, centre d’intérêts, contes pour enfants, chansonnettes, etc.

32 PAGES

$12

Éditions Goater

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CONTES ET LÉGENDES

LOUISE MICHEL 

Ses contes et légendes s’attachent à comprendre la société passée non pas à partir de grandes figures idéalisées et mythifiées mais par les humbles, les oubliés de l’histoire. La nouvelle intitulée la vieille chéchette est à ce titre symptomatique.

Louise Michel place comme repère des « êtres tellement disgraciés de la nature, tellement étranges à voir ou à entendre, que leur seul aspect est un sujet de tristes études pour les uns, de folles moqueries pour les autres ». Ses « héros » sont ceux qui ont connus un « accident moral ou au physique » ou ceux qui ont subi « la pression des persécutions ». Quel renversement avec les contes et légendes « classiques » de son époque et quelle modernité encore aujourd’hui.

Plusieurs contes renversent aisément les hiérarchies sociales en se moquent de l’avarice et de la cupidité des riches propriétaires. La nouvelle la famille Pouffard reste le modèle de la famille aristocratique ridicule dans ses faits et gestes, jusqu’à l’absurdité, jusqu’à la folie. Au contraire la vieille chéchette, Marthe ou le père Rémy deviennent non des modèles mais des exemples de l’injustice et de la nécessité de changer la société.

Aucune morale n’est donné dans ses Contes et légendes, à part celle de la fin de la vieille chéchette, qui reste un hymne à l’altruiste et la générosité lorsque Louise Michel écrit en terminant ce conte : « ne vous moquez jamais des fous ni des vieillards ».

64p.
Collection Libertés enfantines 
$13
 Noir et rouge

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TERRE LIBRE

JEAN GRAVE

Écrit en 1904, Terre libre paraît aux éditions des Temps nouveaux en 1908. C’est le second ouvrage écrit par Jean Grave pour la jeunesse, après les Aventures de Nono, publié en 1901.

Il choisit la forme du conte, qui lui semble permettre une lecture plus divertissante, et précise-t-il dans la préface de la première édition, proposer « le caractère vague et hypothétique que doit toujours garder un aperçu sur la société future ». Mais cette fois-ci, c’est la structure littéraire de la « robinsonnade » qui lui paraît la plus appropriée pour un ouvrage qui s’adresse plus à ce que l’on nomme aujourd’hui les adolescents.

Jean Grave écrit lui-même qu’il ne s’est pas « mis en grands frais d’imagination » et qu’il a « copié la foule de robinsons, suisses et autres, dont fourmille la littérature enfantine ».

140 p.
Collection Libertés enfantines 
$20
 Noir et rouge

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Offrez un livre anarchiste pour une année de luttes à venir…

JOE HILL ET LES IWW

BREAD, ROSES AND SONGS

(Ré-édition remaniée)

ROSEMONT FRANKLIN

 

Immigré aux États-Unis, Joe Hill consacre sa vie à la lutte révolutionnaire pour le syndicat Industrial Workers of the World (IWW). Hobo, il va de grève en grève utilisant pour arme son talent de songwriter. Ses chansons deviennent des hymnes dans la classe prolétaire et incarnent très vite l’ensemble des IWW.

En 1915, il est condamné à mort en Utah, suite à un coup monté pour lequel il est accusé de meurtre et d’un procès à charge où aucune preuve n’est établie. Joe Hill devient alors un symbole de l’oppression capitaliste et étatique.

De nombreux artistes vont chanter son destin parmi lesquels, pour les plus connus par le “tout public“  : Joan Baez, Bruce Springsteen, Tom Morello (Rage against the machine)…

Franklin Rosemont écrit ici la biographie référence de Joe Hill. Mais bien plus que l’histoire du songwriter, il balaye l’ensemble des pans de la culture populaire étatsunienne : racisme, féminisme, question indienne, religion, justice, écologie…

Nous faisant rencontrer nombre d’écrivains, de poètes et de dessinateurs, Rosemont remonte jusqu’aux années 70, tirant les fils de l’histoire de l’art populaire et prolétaire à travers le 20e siècle.

600pages
$30
CNT-RP

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ANTIFASCISME RADICAL ?

SUR LA NATURE INDUSTRIELLE DU FASCISME

CORTÉS SEBASTIÁN

 Qu’est-ce que l’antifascisme et en quoi en existerait-il un de radical ?

Pour répondre à cette question, l’auteur, Sebastián Cortés, revient sur la genèse du fascisme et les conditions de son apparition.

« L’industrialisme a instauré le règne de la pensée séparée des actes : d’un côté des ingénieurs qui réfléchissent et décident, de l’autre ceux qui mettent en œuvre concrètement leurs idées, c’est-à-dire les travailleurs. »

Après un exposé particulièrement documenté, il propose :

« Aujourd’hui, il nous faut plus que jamais abandonner les mythes de la libération par l’automatisation des machines en général et par le numérique en particulier […]. Ce qui manque dans l’antifascisme aujourd’hui, c’est d’accorder ses actes à sa pensée – ce dont l’industrialisme nous a dépossédés et nous dépossède toujours – afin d’avoir une conscience globale de la société et de pouvoir prendre nos affaires en main. L’antifascisme radical pourrait ainsi constituer une véritable voie vers l’émancipation individuelle et collective. »

120pages
$10
CNT-RP

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CLIMAT ET CAPITALISME VERT

DE L’USAGE ÉCONOMIQUE ET POLITIQUE DU CATASTROPHISME

PELLETIER PHILIPPE

 Depuis au moins deux décennies, le « réchauffement climatique » nous est présenté comme une question de vie et de mort pour l’humanité. Il figure désormais au cœur des agendas politiques. À chaque sommet international, les dirigeants déplorent la mauvaise volonté des uns ou des autres, tandis que les militants tombent dans la sinistrose.

Mais qu’en est-il réellement ? Quelle est l’évolution effective du climat ? Quels sont les véritables enjeux scientifiques, politiques, géopolitiques et économiques qui sous-tendent la question ?

Refusant de dissocier un savoir supposé neutre d’un monde où dominent la lutte des classes, les rivalités impérialistes et la concurrence entre le capitalisme des hydrocarbures et celui de l’électronucléaire, ce livre démonte la machine idéologique infernale qui nous soumet au catastrophisme ambiant.

150pages
$21
 nada

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ANARCHIE ET CAUSE ANIMALE

TEXTES DE RÉFÉRENCE

COLLECTIF

Quelles visions les anarchistes ont-ils de la condition animale ? Comment envisagent-ils, à la lumière des théories darwiniennes sur l’évolution, le rapport entre animalité et humanité. Les principaux théoriciens, Proudhon, Bakounine, Reclus et Kropotkine ont tous évoqué dans leurs travaux cette question fondamentale. Cet ouvrage propose une anthologie présentant leurs positions respectives. Un second volume à paraître prochainement abordera ce sujet  à travers le travail de scientifiques contemporains.

140 p.
$12
 Éditions du Monde libertaire

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ENJEUX LIBERTAIRES POUR LE XXIE SIÈCLE PAR UN ANARCHISTE NÉOPHYTE

 CORCUFF PHILIPPE

 Ce livre identifie les enjeux intellectuels d’une nouvelle politique d’émancipation au XXIe siècle. L’auteur, anarchiste de fraîche date, s’inspire du patrimoine libertaire selon une approche iconoclaste, interrogeant tour à tour les auteurs critiques des XIXe et XXe siècles, avec la volonté de les actualiser et de les replacer dans les problématiques actuelles : Proudhon, Stirner, Marx, Bakounine, Luxemburg, Dewey, Levinas, Guérin, Debord, Gorz, Chomsky, Bourdieu, Boltanski, Michéa,  Holloway, Onfray, les auteurs de la décroissance ou ceux du post-anarchisme. L’ouvrage conclue sur une réflexion quant à l’actualité d’une Fédération anarchiste aujourd’hui.

296pages
$19

 Éditions du Monde libertaire

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PANCHO VILLA

LA BATAILLE DE ZACATECAS

TAIBO II PACO IGNACIO EKO

Juin 1914. Deuxième phase de la Révolution mexicaine. La Division du Nord de Pancho Villa fait tomber Zacatecas, la dernière place forte de l’usurpateur Huerta. Une bataille épique, cinq mille morts dans l’armée fédérale, autant de prisonniers. La route vers Mexico est ouverte. Et la Révolution en marche.

Sur un scénario de Paco Ignacio Taibo II illustré avec un réalisme saisissant par les gravures d’Eko, ce roman graphique fait la chronique à la fois drôle et tragique de ce fait d’armes qui a nourri la légende de Pancho Villa, l’un des plus célèbres héros du Mexique contemporain.

312pages
$40
nada

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L’INVENTAIRE N° 2

 COLLECTIF

 L’Inventaire est une revue de critique sociale à parution semestrielle. Animé par la volonté d’exprimer et de faire entendre une certaine manière de critiquer le monde contemporain, le comité de rédaction se donne pour but de reprendre et poursuivre ce qui est traditionnellement appelé la question sociale par la publication de productions originales, de textes d’auteurs méconnus, de traductions et de contributions extérieures susceptibles de faire de cette publication un lieu d’échanges et de débats.

Au fil des numéros nous ne nous refuserons aucun genre littéraire, aucune thématique du moment qu’elle nous parait s’inscrire dans la ligne que nous souhaitons privilégier, celle qui permettra de rendre possible l’inventaire de ce qui, dans les idées comme dans les pratiques, reste à défendre, mérite d’être reconsidéré ou doit être écarté. Nous espérons ainsi pouvoir diffuser des idées et en proposer d’autres, pour que le courant qu’elles forment gagne en étendue comme en profondeur, et contribue à l’élaboration d’une culture critique commune.

Sommaire du numéro 2

Lewis Mumford et l’utopie – Annie Gouilleux

De la contre-culture à la cyber-culture – Florent Gouget

Les nouvelles technologies ou « la taylorisation de l’enseignement » – Michel Delord

Du développement durable, ses fonctions, ses effets admirables – Julien Aguzzoli

Sur la mauvaise pente – Antoine Espaza

Échos des luttes contre les projets d’aménagement du territoire

80pages

$12
La Lenteur

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Ringolevio

Une vie jouée sans temps morts…

Emmett Grogan

Préface de Guillaume Dumora(libraire au Monte-en-l’air, Paris)

Postface d’Alice Gaillard (auteur de Les Diggers, L’échappée, 2009)

Traduit de l’anglais (États-Unis) parFrank Reichert

40 illustrations d’époque

« La théorie de l’échec… Ne possédant rien, tu n’as strictement rien à perdre. »

Nul autre homme n’a consumé sa vie avec autant d’ardeur qu’Emmett Grogan. Et ne l’a contée avec autant de talent.

Né à New York en 1942, ce personnage flamboyant a grandi à Brooklyn entre pauvreté et parties de Ringolevio. Héroïnomane à 13 ans, cambrioleur à 15, exilé en Europe à 17 après quelques mois de prison, Grogan découvre Paris en pleine guerre d’Algérie, les Alpes et la montagne, la dolce vita en Italie. Puis direction Dublin où il s’engage dans l’IRA et renoue avec ses racines irlandaises. De retour dans son pays natal, il s’installe à San Francisco. Là, dans le quartier hippie de Haight Ashbury, avec quelques amis survoltés venus du théâtre, ils fondent en 1966 le légendaire groupe des Diggers. Ces jeunes révoltés vont être de tous les combats politiques, distribuer des vivres et des vêtements et faire de la rue un terrain de fête et d’expérimentation sociale.

Dix ans plus tard, en 1978, après des années d’errance, Emmett Grogan meurt d’une overdose. Il n’y avait pour lui pas de temps à perdre car « aujourd’hui est le premier jour du reste de ta vie ». Le jeu. La lutte. La vie.Ringolevio.

Au détour des pages de cette extraordinaire autobiographie, on croise les grandes figures de la contre-culture américaine des années 1960 : Angela Davis, Bob Dylan, Allen Ginsberg, William Burroughs, Jack Kerouac, Neal Cassady, les Hell’s Angels, les Panthères Noires… et l’on sent le souffle, comme nulle part ailleurs, d’une époque explosive.

704 pages 
 $35

L’ÉCHAPPÉE éditions

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COMMENT LIRE LE CAPITAL DE MARX ?
INTRODUCTION À LA LECTURE ET COMMENTAIRE DU “CAPITAL”

HEINRICH MICHAEL

Michael Heinrich développe une approche inédite et éminemment didactique du maître ouvrage de Marx en offrant aux lecteurs un commentaire très serré des deux premiers chapitres du Livre I du Capital dont la densité de raisonnement et l’importance des fondements conceptuels qu’ils introduisent (travail abstrait, forme-valeur, caractère fétiche de la marchandise, etc.) en rendent la lecture souvent ardue.

Heinrich répond ainsi à une attente profonde de Marx, qui faisait du mode d’exposition une dimension essentielle de sa méthode. Sans partir d’évidences établies a posteriori, ou de présupposés politiques, ce livre est à ce jour le seul véritable manuel de lecture scientifique du Capital.

320 p. –
Traduction : Lucie Roignant
$30
Smolny

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LE DÉSERT DE LA CRITIQUE
DÉCONSTRUCTION ET POLITIQUE
Renaud Garcia – éditions L’échappée
La nature humaine ? Fiction dangereuse. La raison analytique ? Instrument d’uniformisation culturelle. La vérité ? Objet relatif masquant les dispositifs de pouvoir. Le langage ? Geôlier de la créativité. L’universalisme ? Alibi de l’Occident pour dominer le monde. Le corps ? Pâte à modeler au gré des innovations technologiques. Tels sont les lieux, devenus communs, de la pensée de la déconstruction.
Déconstruire… D’un concept plutôt ésotérique, les gauches « radicales » ont fait un programme systématique consistant à suspecter un rapport de domination sous chaque idée ou comportement. Si elles permettent de redoubler de subtilité sur les questions de mœurs – le domaine « sociétal » –, les théories de la déconstruction rendent les armes devant la marchandisation généralisée, l’emprise des industries culturelles et l’artificialisation du monde. Qui évoque la nécessité d’une décélération, parle d’aliénation, remet au cœur de l’analyse le corps vécu dans un environnement limité, commet dès lors le crime ultime : réintégrer un moment conservateur dans la critique.
Occupées à déconstruire et à se déconstruire à l’infini, les gauches « radicales » ont négligé le terrain du social, qu’une extrême droite opportuniste a investi en exploitant la détresse des perdants de l’histoire. Cet ouvrage tente de comprendre comment nous en sommes arrivés là, de donner les raisons de ce sabordage intellectuel et politique, en analysant l’influence de la déconstruction sur la critique sociale contemporaine. Il en appelle par là même à un renouveau de la lutte contre le capitalisme sur de tout autres fondements théoriques.
20$
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UNE VIOLENCE ÉMINEMMENT CONTEMPORAINE
Essais sur la ville, la petite-bourgeoisie intellectuelle et l’effacement des classes populaires – éditions Agone
Jean-Pierre Garnier
Synthèse de quarante ans d’observation des réalités urbaines et d’analyse critique des discours dont elles font l’objet, ce recueil montre comment la gestion politique des villes nourrit les appétits économiques de la bourgeoisie désormais « mondialisée » et les aspirations culturelles des néo-petits bourgeois. D’un côté, des espaces « requalifiés » réservés aux gens de qualité, et de l’autre des couches populaires reléguées à la périphérie.
« Violences urbaines », « crise du logement », « relégation » et « gentrification » sont autant de symptômes dont le « traitement », de plus en plus sécuritaire, est voué à l’échec. Du moins tant qu’on se refusera à reconnaître la nature du conflit fondamental qui oppose les citadins ordinaires à ceux pour qui l’espace urbain est une source de profit, sinon de valorisation de leur capital culturel par la colonisation des quartiers populaires bien situés. Et tant qu’on voudra donner l’illusion qu’on peut réconcilier par magie les contraires au moyen d’arguties et d’innovations ­langagières, violence symbolique ne faisant que redoubler celle, bien réelle, qui s’exerce sur les dépossédés du droit à la ville, plus nombreux que jamais.
Chercheur et enseignant en sociologie urbaine, Jean-Pierre Garnier est l’auteur de plusieurs livres sur la politique urbaine Des barbares dans la cité (Flammarion, 1997), Le Nouvel Ordre local (L’Harmattan, 2000) et l’involution politico-idéologique de l’intelligentsia de gauche française (La Pensée aveugle, avec Louis Janover, Spengler, 1995).
25$
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Franz Jung
LE CHEMIN VERS LE BAS
Considérations d’un révolutionnaire allemand sur une grande époque (1900-1950)
Éditions Agone
Qui veut comprendre l’échec de la révolution allemande et la décennie qui a précédé la Seconde Guerre mondiale ne peut ignorer les faits. Ils permettent de comprendre comment a pu s’étendre, à la manière d’un ulcère cancéreux, l’épouvantable sentiment de vide auquel étaient en proie tous ceux qui croyaient pouvoir encore s’appuyer sur quelque chose, ne fût-ce que le souvenir de leur existence politique. Si, après un tremblement de terre, les survivants conservent quelque espoir de voir le soleil réapparaître un jour à l’horizon, ceux d’entre nous qui allèrent au tapis, furent rejetés ou choisirent de prendre la fuite n’avaient, eux, plus rien à attendre. La vie continuait en surface, mais l’épanouissement, qui fonde la prétention individuelle à l’existence, s’était brutalement arrêté. Ainsi s’expliquent l’apathie, l’indifférence et la montée du cynisme. S’il se passait encore quelque chose, on ne le voyait plus qu’à travers une épaisse cloison de verre…
Successivement poète, romancier, journaliste, soldat, dramaturge, agent d’assurance, délégué KAPD auprès du Komintern, Franz Jung (1888–1963) n’a jamais séparé la révolte artistique de la révolution sociale. Quand de nouvelles générations voudront « repartir à l’assaut du ciel », elles devront notamment s’approprier l’expérience de ces avant-gardes esthétiques et politiques allemandes dont Jung fut un acteur et un témoin de premier plan. De ses œuvres complètes, qui ne comptent pas moins de quatorze volumes, seule cette autobiographie (publiée par Ludd en 1993 sous le titre Le Scarabée-Torpille) est aujourd’hui disponible en France.
35$
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Revue Agone 57
L’AMÉRIQUE LATINE DANS LE CHAUDRON DU DIABLE
Éditions Agone
L’Amérique latine ne se réduit pas au rôle dramatique où la cantonne la presse à sensations politiques : un continent écartelé par l’exploitation économique et financière via des organismes internationaux publics ou privés, une mosaïque de vallées sous la coupe des cartels de la drogue, le théâtre de révolutions antiyankee ancrées dans les mythologies du XIXe siècle ou un regroupement de nouvelles puissances « émergentes » qui cherchent à prendre le train de la croissance.
29 $
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Perry Anderson
COMMENT LES ÉTATS-UNIS ONT FAIT LE MONDE À LEUR IMAGE
Éditions Agone
Policiers du monde et protecteurs attentifs de leurs intérêts nationaux, bien que pris dans des logiques d’interdépendance croissante, les États-Unis continuent de déterminer une grande partie de la politique internationale.
Comme aucun autre président ne l’avait jamais fait avant ni ne le ferait par la suite, Wilson exalta sans retenue la fonction messianique de l’empire américain. La religion, le capitalisme, la démocratie, la paix et la puissance des États-Unis, tout cela ne faisait qu’un. « Voyez loin, disait-il à des représentants de commerce, gardez à l’esprit que vous êtes des Américains, que vous êtes faits pour apporter la liberté, la justice et les principes de l’humanité partout où vous allez, vendez des marchandises qui rendront les gens heureux et convertissez-les aux principes de l’Amérique. » Dans son discours de campagne, il déclarait en 1912 : « Je crois que Dieu a présidé à la création de cette nation. Nous avons été choisis pour montrer à toutes les nations le chemin à suivre pour marcher sur les chemins de la liberté. »
Au XXe siècle, les États-Unis mènent une politique étrangère qui en a fait la puissance hégémonique mondiale. Mais c’est une hégémonie à double face, qui leur impose à la fois de garantir l’ordre capitaliste et de favoriser les intérêts des entreprises, des banques et des lobbies américains. Une difficulté qu’aggrave leur économie, prise dans l’interdépendance croissante des économies rivales et de plus en plus soumise au développement du crédit.
Retraçant l’histoire de cette politique étrangère, étudiant ses stratèges et les problèmes auxquels elle est confrontée, Perry Anderson met en garde ceux qui sous-estimeraient la durée de vie de l’empire américain : « Sur le plan politique, son sort n’est pas encore réglé. »
32$
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LE PIRE DES MONDES POSSIBLES
DE L’EXPLOSION URBAINE AU BIDONVILLE GLOBAL
Mike Davis
La découverte
« Pour mortels et dangereux qu’ils soient, les bidonvilles ont devant eux un avenir resplendissant. » Des taudis de Lima aux collines d’ordures de Manille, des bidonvilles marécageux de Lagos à la Vieille Ville de Pékin, on assiste à l’extension exponentielle des mégalopoles du tiers monde, produits d’un exode rural mal maîtrisé. Le big bang de la pauvreté des années 1970 et 1980 – dopé par les thérapies de choc imposées par le FMI et la Banque mondiale – a ainsi transformé les bidonvilles traditionnels en « mégabidonvilles » tentaculaires, où domine le travail informel, « musée vivant de l’exploitation humaine ».
Un milliard de personnes survivent dans les bidonvilles du monde, lieux de reproduction de la misère, à laquelle les gouvernements n’apportent aucune réponse adaptée. Désormais, les habitants mettent en péril leur vie dans des zones dangereuses, instables ou polluées. Parallèlement, la machine impitoyable de la rénovation urbaine condamne des millions d’habitants pauvres au désespoir des sombres espaces périurbains. Bien loin des villes de lumière imaginées par les urbanistes, le monde urbain du XXIe siècle ressemblera de plus en plus à celui du XIXe, avec ses quartiers sordides dépeints par Dickens, Zola ou Gorki. Le pire des mondes possibles explore cette réalité urbaine méconnue et explosive, laissant entrevoir, à l’échelle planétaire, un avenir cauchemardesque.
25$
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ECOLOGY OR CATASTROPHE: THE LIFE OF MURRAY BOOKCHIN
Janet Biehl
Published by Oxford University Press
« Janet Biehl’s meticulously researched biography splendidly captures Bookchin’s intellectual and personal journey from youthful communist to mature anarchist. Bookchin influenced the thinking and actions of a generation but today his writings and insights are largely unknown. Biehl’s terrific book will do much to overcome this illiteracy and introduce a new generation to one of the key intellectuals of our time. » — David Morris, Director, Public Good Initiative, Institute for Local Self-Reliance
« Murray Bookchin was irascible, human, brilliant, and above all relevant to our own time. This valuable book brings his work to life and takes us through his intellectual, activist and personal struggles between the late 1930s and the end of the 20th Century. An ecologist before the term was understood by most Americans and a sophisticated anarchist who recognized the importance of clear (but decentralized) organizational structure, Bookchin’s story also offers a reminder of what it takes to live a committed life in our own time in history. » — Gar Alperovitz, Lionel R. Bauman Professor of Political Economy at the University of Maryland, Co-Founder of The Democracy Collaborative

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SOCIAL ECOLOGY AND SOCIAL CHANGE
Ed. by New Compass, Norway
In September last year New Compass organized a conference together with the University of Oslo called Ecological Challenges. Some of the questions we asked were: How can we create a society that is ecological as well as egalitarian? How can we develop new forms of activism that are constructive as well as confrontational? How can we work for genuine social change and simultaneously prevent ecological destruction and improve people’s lives in today’s world?
Contributors include Janet Biehl, Toon Bijnens, Monica Caggiano, Dan Chodorkoff, Cagri Erylimaz, Metin Güven, Camilla Hansen, Jonathan Korsár, Adam Krause, Sveinung Legard, Mat Little, John Nightingale, Arnošt Novák, Johanna L. Rivera, Salvatore De Rosa, Marco Rosaire Rossi, Dimitri I. Roussopoulos, Brian Tokar, Federico Venturini, and Ersilia Verlinghieri.
The book is edited and introduced by Eirik Eiglad. He has been involved in a range of social ecology projects in Scandinavia: for more than two decades he has been a movement activist, writer, translator, and editor.
25$
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LA MANO NEGRA
Anarchisme rural, sociétés clandestines et répression en Andalousie (1870-1888)
Clara Lida – Éditions L’Échappée
1878, la révolte s’étend à toute la campagne de l’Andalousie occidentale : les fermes et les oliveraies sont incendiées, le bétail massacré, les vignes arrachées, les boulangeries pillées, les maisons de maîtres occupées… À l’origine de ces actions, la FRE (Fédération régionale espagnole), section ibérique de l’AIT (Association internationale des travailleurs), compte alors plus de 30 000 adhérents dans cette région. En 1883, dans les provinces andalouses de Séville et Cadix, une série de délits est attribuée à une organisation secrète appelée Mano negra. Accusés de vouloir renverser le gouvernement et éliminer l’aristocratie des grands propriétaires terriens en recourrant aux moyens les plus extrêmes comme « le fer, le feu et la calomnie », une répression féroce s’abat sur les militants paysans et internationalistes. Ce livre raconte les prémices du mouvement anarchiste en Espagne et le rôle essentiel joué par les mouvements paysans. Il décrit aussi une manipulation de l’État qui, aidé par l’oligarchie andalouse et par la presse, n’hésite pas à utiliser tortures, agents provocateurs, arrestations massives et terreur pour criminaliser un mouvement de révolte. Sept ouvriers agricoles accusés d’appartenir à la Mano Negra sont garrottés en juin 1884. Cette exécution suscite l’effroi dans toute l’Europe et marquera profondément le mouvement libertaire espagnol.
8$
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DÉSOBÉIR EN DÉMOCRATIE – LA PENSÉE DÉSOBÉISSANTE, DE THOREAU À MARTIN LUTHER KING
Manuel Cervera-Marzal – Éditions Aux forges de Vulcain, Paris
La désobéissance à la loi est-elle compatible avec la démocratie ?
Cette question provocante interroge les fondements de notre société. En effet, de nombreux mouvements, qui se présentent comme « désobéissants », remettent en cause le principe du respect absolu des décisions prises par les instances démocratiquement élues, au nom d’une logique supérieure, de l’intérêt général ou d’une clause de conscience.
L’ouvrage de Manuel Cervera-Marzal s’attache à montrer que cette attitude, loin d’être un simple refus d’obéissance, a des assises philosophiques et théoriques très profondes, établies par plusieurs penseurs du XIXe au XXe siècle.
En s’appuyant notamment sur les écrits de Thoreau, Gandhi et Martin Luther King, il retrace l’apparition et l’affirmation d’une pensée qui précise peu à peu les conditions de légitimité et d’efficacité de la désobéissance civile.
Il en ressort une certitude : la désobéissance civile, loin d’être une entorse à la démocratie, en est une composante essentielle.
32$
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NOAM CHOMSKY, ACTIVISTE
Jean Bricmont – Éditions Aux forges de Vulcain, Paris
Nul n’incarne mieux que Noam Chomsky la figure de l’intellectuel engagé. Depuis presque cinquante ans, sans jamais faire de compromis, il dénonce les excès du pouvoir, les mensonges des grandes entreprises, les abus de nos dirigeants. Dans cet essai lumineux, Jean Bricmont explique le travail et les méthodes de Chomsky.
Quelles sont les responsabilités des intellectuels ? À qui parlent-ils ? Et surtout, comment peuvent-ils assurer leur indépendance face à ceux qui cherchent à les faire taire ?
20$

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LE MOUTON NOIR ET AUTRES FABLES
Augusto Monterrosso (éditions de la rue Dorion)
Augusto Monterroso est né au Guatemala en 1921. Contraint très jeune de se réfugier hors de son pays en raison de son opposition à la dictature du général Ubico, il y retourne en 1944, mais doit s’exiler de nouveau, cette fois définitivement, après le coup d’État de Castillo Armas en 1954. C’est au Mexique qu’il écrira l’essentiel de son œuvre et où il s’éteindra en 2003. La publication d’Obras completas (y otros cuentos) en 1959 et de La oveja negra y demás fábulas, dix ans plus tard, le situe d’emblée dans la lignée des grands prosateurs de langue espagnole.
Maître du microrécit, Monterroso fait vivre à ses protagonistes des aventures pleines de rebondissements qui, menées jusqu’à l’absurde, leur donnent une dimension fantastique hallucinante et cocasse. Une observation aiguë de la vie quotidienne et des travers de l’humain ajoute une grande impression de vérité à ces fictions pourtant dominées par une imagination des plus effrénées. Les petits textes du Mouton noir et autres fables, en apparence inoffensifs, mordent celui qui s’en approche imprudemment et laissent des cicatrices ; c’est précisément pour cela qu’ils sont salutaires.
14 $
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CARNETS 1936-1947.
Victor Serge (éditions de la rue Dorion)
Né à Bruxelles en 1890 dans une famille d’exilés anti tsaristes, Victor Serge, anarchiste emprisonné en France, rejoint la Russie à l’annonce de la révolution. Membre de l’Opposition de gauche du parti bolchevique, il connaît la prison puis la relégation en Oural. En 1936, il est expulsé d’URSS après des années d’interventions de militants et d’écrivains. En 1941, il fuit la France pour rejoindre Mexico où il meurt en 1947. Auteur méconnu mais non moins remarquable, Victor Serge laisse derrière lui une oeuvre polyphonique : sept romans, des nouvelles, de la poésie, ses célèbres Mémoires d’un révolutionnaire, de nombreux essais et études historiques.
Fruits d’une discipline militante et littéraire, ces Carnets réunissent analyses politiques, témoignages et réflexions personnelles suggérant les éléments d’une contre-histoire des années cruciales du XXe siècle. On y retrouve, personnes croisées et paysages traversés, de Moscou à Mexico, en passant par Berlin, Paris et Marseille. Dans une époque pleine de bouleversements, Victor Serge ne renonce jamais à comprendre afin d’anticiper ce que sera la suite. Loin de toute nostalgie, loin de tout abandon, il donne ici, soixante ans après sa disparition, un grand livre de résistance.
38$
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À LA MANIÈRE DE…
Francoeur & Panneton (éditions de la rue Dorion)
On nous dit que la littérature québécoise en pourléchant goulument sa mémoire est devenue farouche, austère, la mine triste. Ce petit livre d’admirables pastiches tirés du néant survient pour apaiser les démangeaisons de la mémoire du Québec curieusement exténuée, boiteuse, goitreuse, menteuse, tout comme une sinistre relique.
Pour éliminer les statistiques et refuser l’écuelle, il fut décidé de barioler les pastiches de Francoeur & Panneton de sécrétions grumeleuses, de ralliements maudits et de diverses préhensions sexuelles pour les sortir de leurs destins de vitrines depuis 1924.
Les rebelles déchus dont il est question ici, les Groulx, Bourassa, Valdombre, Montpetit, Madeleine, etc., enfin ressuscités, sortent du silence, dévêtus de leurs mantes, de leurs voiles, de leurs tiares, ornements parfaitement superflus !
Ô frères et sœurs, anonymes lecteurs, la très oubliée dimension humaine des passions et des désirs avérés de tous ces pastichés enfin révélés démontre que trop souvent la véritable histoire est restée profondément cachée dans la culture québécoise.
20 $
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LA GUERRE D’ESPAGNE – RÉVOLUTION ET CONTRE-RÉVOLUTION (1934-1393).
Burnett Bolloten (éditions de la rue Dorion)
Maîtrisant une immense bibliographie, ce classique hors-norme offre non seulement une synthèse magistrale de l’histoire de la guerre d’Espagne mais aussi la possibilité de comprendre comment naissent, sont brisés et se perpétuent les rêves d’une société de justice et de bonheur.
Originaire du Pays de Galles, correspondant de l’agence United Press en Espagne en 1936, Burnett Bolloten (1909-1987) part pour le Mexique avant de s’installer en Californie en 1949, où il gagnera sa vie comme agent immobilier, sans jamais cesser de travailler sur ce livre, dont il établira trois éditions, complétées et corrigées pendant cinquante ans en fonction des nouvelles sources disponibles et des débats autour de la Guerre d’Espagne.
50$
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CRAZY BROCOLI
Jean Leduc (Moult éditions)
Dans les années 1970, la parodie de Leduc est une charge féroce contre ses contemporains, les institutions, les tenants de la culture et de la contre-culture (Miron, Brossard, Haeck, Chroniques, les frères Hébert, Les Herbes rouges, le conseil des arts, la critique littéraire, les universités, et bien plus encore). Leduc fait ressortir l’absurdité et les résignations du conformisme qui, sournoisement, s’installent au nom d’une culture qui accepte sans distance bénéfices et pensions.
Comme sur l’île déserte de Robinson, la poésie de Jean Leduc se manifeste comme une joyeuse subversion que l’on pourrait rapprocher, pour l’inspiration, de l’humour noir surréaliste, de la solitude de Sade, de la négation dadaïste et de la subversion rabelaisienne, si rares dans la littérature québécoise.
32 $
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_Lu Xun
L’ÉDIFIANTE HISTOIRE D’A-Q
Lu Xun (éditions de la rue Dorion)
Lu Xun est un écrivain emblématique de sa génération et du XXe siècle. Né en 1881 sous la dynastie des Qing, décédé en 1936, il représente une source incontournable de la littérature chinoise moderne. Lu Xun exerce une influence considérable et durable à travers ses courtes histoires dressant le portrait désespéré d’une Chine impériale agonisante, empreinte de superstitions minées par la pauvreté.
La longue nouvelle L’édifiante histoire D’a-Q qui paraît en feuilleton en 1921 est sans doute le texte le plus connu de Lu Xun. Elle dépeint les vicissitudes du destin d’a-Q, un pauvre journalier personnage lâche et misérable, sorte d’idiot du village se débattant Pour gagner sa croûte dans un monde qui le
Dépasse et qui finira par le dévorer.
Bien que Lu Xun soit communément lu comme un réaliste engagé à gauche, ses nouvelles et ses Poèmes en Prose conçut dans le Pékin des années 1920 sont des expériences formelles audacieuses soulevant des interrogations complexes.

Première analyse sociologique du mouvement situationniste, cette histoire éclaire les parcours croisés des acteurs qui l’ont animé, décrypte leur relation à l’art et aux institutions artistiques, à la pensée marxiste et aux intellectuels, à la politique et au militantisme. En prenant parti pour une mise au jour lucide des pratiques et idées situationnistes, Éric Brun renouvelle notre connaissance des avant gardes, de leurs formes de politisation et d’internationalisation, et engage une réflexion sur les apports et limites de ce courant subversif qui n’ambitionnait rien moins que d’établir une nouvelle civilisation. Une contribution majeure pour comprendre le rôle des artistes dans la contestation révolutionnaire et celui des « situs » en Mai-Juin 1968.
45 $

 

L’Internationale situationniste a une postérité foisonnante. En tant que dernière avant-garde artistique, elle est aujourd’hui une matrice incontournable du monde des arts et de l’architecture. Depuis les années 1968, sa théorie critique nourrit la vie intellectuelle et les pratiques militantes. Quant à son leader Guy Debord, il est entré au panthéon français des grands penseurs contemporains en 2009. Cet ouvrage d’histoire culturelle analyse sa réception. Comment ce mouvement, qui était réduit et confidentiel à sa création et qui refusa de faire école à sa disparition, parvint-il à essaimer dans le monde entier ?
Du vivant de l’organisation (1957-1972), les situationnistes eurent un rôle de premier plan dans la diffusion de leurs idées et de leur esthétique : ils choisirent leurs réseaux et bâtirent leur propre mythologie. En revanche, depuis sa redécouverte à la fin de la Guerre froide, la multiplicité des acteurs et des réappropriations de son héritage crée toutes les conditions d’une seconde naissance de l’Internationale situationniste.
53 $

Publiée en 1923, L’Initiation individualiste anarchiste est l’œuvre maîtresse d’E. Armand (1872-1962), anarchiste pacifiste, animateur de la revue L’En-dehors.

Exposition des différentes manifestations de la théorie et de la pratique individualistes anarchistes, cet ouvrage ne prétend pas exposer un dogme, un plan préconçu de régime moral, économique ou intellectuel, l’anarchisme n’étant pas exclusivement une doctrine, mais une manière de vivre.

E.Armand aborde ainsi des questions aussi diverses que l’illégalisme, l’éducation, la camaraderie, la réciprocité, la vie privée…
22 $

 

 

« Être gouverné, disait Proudhon, c’est être gardé à vue, inspecté, espionné, dirigé, légiféré, réglementé, parqué, endoctriné, prêché, contrôlé, estimé, apprécié, censuré, commandé, par des êtres qui n’ont ni le titre, ni la science, ni la vertu. » Dans cette œuvre stimulante, iconoclaste, écrite juste avant son suicide en novembre 1977, Louis Mercier-Vega défend l’idée que, sous le nom de révolution, s’est mis en place durablement en Amérique latine une nouvelle forme de domination, la domination d’une classe techno-bureaucratique qui, mobilisant les ouvriers et les paysans, réduits à l’état de masse de manœuvre, s’est emparée du pouvoir d’État et a fait main basse sur les affaires économiques. Désormais, l’État n’est plus « un État arbitre, mais un État moteur. Un État propriétaire et entrepreneur » – un État despote sous couvert de révolution.

Louis Mercier-Vega (1914-1977), figure belge de l’anarchisme, combattant volontaire pendant la guerre civile espagnole de 1936, est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont Techniques du contre-État et L’Increvable Anarchisme.
20 $

 

Imposture : ce qui prétend apporter aux hommes quelque chose qu’il ne leur apporte pas et donc qui les trompe, fût-ce involontairement ou inconsciemment, sur la base d’« allégations mensongères ou de fausses apparences. » (Larousse).

Les religions, loin d’être des facteurs de lien social et de pacification des mœurs, suscitent des conflits, favorisent la violence et alimentent l’obscurantisme. Si la philosophie des Lumières en a fait le procès en son temps, le contexte intellectuel actuel leur est favorable, cet aveuglement laissant libre cours à un retour en arrière stupéfiant.
28 $

048644581x

 

Credited with influencing the philosophies of Nietzsche and Ayn Rand and the development of libertarianism and existentialism, this prophetic 1844 work challenges the very notion of a common good as the driving force of civilization. By examining the role of the human ego, author Max Stirner chronicles the battle of the individual against the collective — showing how, throughout history, the latter invariably leads to oppression.
Stirner begins with a study of the individual ego and then traces its subjugation from ancient times to the nineteenth century. Nothing escapes his indictment: the ancient philosophers, Christianity, monarchism, the bourgeois state; all have fettered individuals with laws, morality, and obligations. Revolutions expunge one evil only to replace it with another, and Stirner predicted — years before the publication of Marx’s Manifesto — that socialism would climax in the ultimate totalitarian state.
For students of political science and philosophy, this book is essential reading. For those concerned about the encroachment of authority upon individual liberty, Stirner articulates a philosophy that remains unsurpassed in its scope.

Reprint of the New York, 1963 edition.
12 $

 

 

Le 21 février 2012, cinq jeunes femmes pénètrent dans la cathédrale du Christ Saint-Sauveur, une église orthodoxe à Moscou. Elles sont vêtues de collants et leurs visages sont camouflés sous des cagoules. Armées de guitares électriques, elles chantent une « prière punk » intitulée « Marie, mère de Dieu, chasse Poutine ».
Rapidement neutralisées par les forces de l’ordre, trois d’entre elles seront arrêtées dans les mois qui suivront, et les autres condamnées à deux ans d’emprisonnement dans un camp de travail en Russie pour « hooliganisme » et « incitation à la haine religieuse ».
Qui sont ces jeunes filles qui, aujourd’hui encore, tiennent tête à Poutine ? D’où viennent-elles, et quel est leur combat ? Que disent-elles de la politique menée par le gouvernement russe ? Pourquoi certaines personnes abandonnent tout pour une carrière de protestation ?
Masha Gessen, qui a pu bénéficier d’un accès privilégié auprès des membres des Pussy Riots et de leur famille, retrace l’histoire de ces femmes dans la vingtaine dont le collectif a pris le virage de la contestation pure et dure en employant avec humour les codes de la rue. Elle raconte avec talent combien leur confrontation avec le pouvoir est la conséquence d’années de frustration.
35 $

 

 

Humilié puis éborgné par son cruel châtelain – d’où son surnom de N’a-qu’un-oeil – un serf de cette France profonde du XVIIIe si peu racontée par les écrivains, va rêver de vengeance pendant des années. Jusqu’au jour où la Révolution, qui a enfin gagné les confins d’un royaume gangréné par l’injustice, lui offre la possibilité de prononcer la mort de l’hobereau honni et recouvrer sa dignité piétinée par des décennies d’humiliation. Mais on n’abat pas en quelques jours des siècles de servitude…

Fantastique peinture des mœurs paysannes en même temps que violent réquisitoire contre la tyrannie, ce roman de colère, au style vibrant d’indignation, emporte le lecteur subjugué dans la noirceur d’un siècle qui vit les Lumières se transformer en vent de colère. Le méconnu Cladel, dont on redécouvre le brutal raffinement, donne libre cours à la force de son indignation et imagine ainsi une des plus puissantes épopées de combat de la littérature française.

Né en 1835 d’une famille d’ouvriers, d’artisans et d’agriculteurs, Léon Cladel abandonne une carrière de juriste à Montauban pour gagner Paris et y devenir écrivain. Les ennuis judiciaires vont vite l’accabler du fait de ses convictions républicaines, car l’homme se veut le porte-parole des déclassés et des oubliés, usant inlassablement sa plume pour dénoncer la tyrannie du pouvoir. Cette conviction se manifeste avec vigueur dans ses grandes œuvres, Les Va-nu-pieds (1876), Ompdrailles (1878) puis N’a-qu’un-œil (1882). Célébré par les grands noms de son temps, de Hugo à Baudelaire en passant par Villiers de l’Isle Adam, Barbey d’Aurevilly et Flaubert, il meurt à Sèvres en 1892.
25 $

Les raisons de se révolter ne manquent pas. Mais en démocratie, s’engager dans un combat contre l’injustice, l’inégalité ou la domination est un geste qui doit s’exprimer sous une forme d’action politique acceptable. Parmi ces formes se trouve la désobéissance civile : elle consiste, pour le citoyen, à refuser, de façon non-violente, collective et publique, de remplir une obligation légale ou réglementaire parce qu’il la juge indigne ou illégitime, et parce qu’il ne s’y reconnaît pas. Cette forme d’action est souvent considérée avec méfiance : pour certains, elle ne serait que la réaction d’une conscience froissée, puisqu’elle n’est pas articulée à un projet de changement politique ; pour d’autres, elle mettrait la démocratie en danger en rendant légitime un type d’action dont l’objet pourrait être d’en finir avec l’État de droit.

Ce livre original, écrit par un sociologue et une philosophe, analyse le sens politique de la désobéissance, en l’articulant à une analyse approfondie des actes de désobéissance civile qui prolifèrent dans la France d’aujourd’hui – à l’école, à l’hôpital, à l’université, dans des entreprises, etc. Il montre comment ces actes s’ancrent avant tout dans un refus de la logique du résultat et de la performance qui s’impose aujourd’hui comme un mode de gouvernement. À la dépossession qui le menace – de son métier, de sa langue, de sa voix –, le citoyen ne peut alors répondre que par la désobéissance, dont le sens politique doit être pensé.
32 $

 

Mars 1848. Soixante-neuf Français, tous vêtus d’un chapeau blanc à large bords et d’une veste en velours noir, débarquent à la Nouvelle-Orléans, suscitant l’étonnement des habitants. Ils ont abandonné famille et biens personnels pour fonder, au cœur des terres vierges du Texas, une société utopique, Icarie, où règneront l’équité, le partage et la solidarité. Mais de la théorie à la pratique, la route est longue. Comme celle qu’il leur faut suivre le long de la Rivière Rouge : plus de 400 kilomètres de territoires hostiles, peuplés d’Indiens. À l’arrivée, on manque d’outils, on n’est pas préparé aux rigueurs du climat, ni aux exigences de l’agriculture locale. Et l’idéal communautaire de se fissurer peu à peu.

C’est par un homme qui fut en son temps l’une des grandes figures du socialisme utopique, aujourd’hui tombé dans l’oubli, que cette quête d’un paradis terrestre a été menée : Étienne Cabet. Condamné à deux ans de prison en 1834 par le gouvernement de Louis-Philippe qui voyait en lui un dangereux factieux, Cabet s’exila en Angleterre où il passa des journées entières à la bibliothèque, dévorant les grands auteurs humanistes et élaborant, dans son Voyage en Icarie, cette société idéale qu’il choisira d’implanter aux États-Unis. Mais confronté aux dures réalités du terrain, le penseur idéaliste se métamorphosera en un surprenant chef de secte…
35 $

 

La Nouvelle Carthage, c’est Anvers à la fin du XIXe siècle. Dans ce milieu d’opulence et de haine du pauvre, le jeune Laurent Paridael grandit au sein d’une bourgeoisie qui ne répond ni à ses goûts ni à son sens de la justice. Il se tourne alors vers le peuple et se rapproche des ouvriers, des marginaux et des parias. Seule sa cousine Gina, à la beauté et à la grâce séduisantes, pourrait adoucir son tempérament rebelle, mais elle lui préfère la fortune d’un gros industriel, le sinistre Béjart, auquel l’auteur prête tous les vices d’un capitalisme féroce et sans scrupules.
19 $

Le mouvement situationniste, né en 1957, a défendu ses thèses sur la «psychogéographie», la «dérive», «l’urbanisme unitaire»… Ces notions ont parfois été altérées par des thuriféraires zélés ou par des contradicteurs indélicats. Contre l’architecture académique, contre l’architecture fonctionnaliste, elles exaltent la ville labyrinthique, les rencontres, les surprises, les détournements, la gratuité, et dénoncent les conformismes. (…) Ce livre a l’ambition de poursuivre leur salutaire œuvre de dénonciation des pièges consommatoires et de contribuer à résister là où il y a oppression, à inventer là où il y a imposition d’un modèle libéralotechnocratique, à expérimenter là où la globalisation favorise la répétition du même.

28 $

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