Nouvel arrivage 2015! Courte sélection

Plein de nouveaux livres sont arrivés pour cette neuve année de luttes à venir…

On trouve à l’INSOUMISE des livres anarchistes introuvable ailleurs au Québec !

Une courte sélection :

TROP JEUNES POUR MOURIR
Ouvriers et révolutionnaires face à la guerre (1909-1914)
par Guillaume DAVRANCHE

Éditions Libertalia
Coédition avec L’Insomniaque
Préface : Miguel Chueca
544 pages
$30

Trop jeunes pour mourir. Ouvriers et révolutionnaires face à la guerre (1909-1914) raconte l’histoire de l’opposition ouvrière à la montée vers la guerre, et notamment celle de sa fraction antimilitariste et « antipatriote » la plus radicale, incarnée par la Fédération communiste anarchiste (FCA), qui menace ouvertement de « saboter la mobilisation ». Animée par de jeunes ouvriers révolutionnaires de la « génération de 1906 », cette organisation était jusqu’ici très mal connue, n’ayant fait l’objet d’aucune étude spécifique.

En suivant le fil rouge de la FCA, ce livre dévoile le contexte de l’avant-guerre, souvent éclipsé par le cataclysme de 1914, et explore le mouvement ouvrier d’alors : son organisation, ses passions, ses fractions, ses controverses, ses petites et ses grandes luttes.

Il fait le récit des grèves des PTT en 1909, du rail en 1910, du bâtiment en 1911, marquées par le sabotage des lignes de communication et par la « chasse au renard ». Il narre les grandes affaires : Ferrer, Aernoult-Rousset, Métivier, Bonnot. Il raconte l’enthousiasme de la FCA pour la Révolution mexicaine, six ans avant la Révolution russe. Il explique la force motrice qu’a représenté l’hebdomadaire La Guerre sociale, adoré puis renié par les révolutionnaires. Il aborde la résurgence de l’antisémitisme et de l’antimaçonnisme en 1911, et les affrontements du Quartier latin.

Le livre explore également une période négligée du syndicalisme révolutionnaire français, alors que l’âge « héroïque » de la CGT (1901-1908) est révolu et que, frappée par l’État, elle se déchire sur la stratégie à adopter. Il pointe la montée des femmes et de la « main d’œuvre étrangère » dans le débat syndical à cette époque. Enfin, dans un climat militariste et belliciste que l’on peine aujourd’hui à imaginer, il détaille la répression contre les syndicalistes et les anarchistes : le retour des « lois scélérates » de 1894, la menace du bagne militaire (« Biribi »), du Carnet B et du peloton d’exécution.

L’auteur

Guillaume Davranche (né en 1977) est journaliste et chercheur indépendant en histoire sociale. Il a codirigé le Dictionnaire biographique du mouvement libertaire francophone, dit le « Maitron des anarchistes ». Cette œuvre collective réalisée sous les auspices du CNRS et de l’université Paris-I a paru le 1er mai 2014 aux Éditions de l’Atelier. Aussi disponible à L’INSOUMISE.

Voir en ligne

Le blog de l’auteur : www.tropjeunespourmourir.com

 

FASCISME ET GRAND CAPITAL

DANIEL GUÉRIN
Éditions Libertalia

Collection Ceux d’en bas n°3
608 pages
$30

Publié pour la première fois en 1936, complété en 1945 (Gallimard), repris par Maspero en 1965, puis par Syllepse (1999) et La Découverte (2001), Fascisme et grand capital est incontestablement un classique. Sa lecture reste essentielle alors même que l’Europe bruisse de tentations autoritaires sur fond de désespérance sociale et de crise économique.

Daniel Guérin adopte un modèle comparatif pour dégager les grandes tendances du fascisme, puis l’analyse, au cas par cas, en Italie et en Allemagne, avant, pendant, et après sa prise du pouvoir. Il étudie l’origine de ce mouvement, de ses troupes, et la mystique qui les anime ; sa tactique offensive face à celle, légaliste, du mouvement ouvrier ; le rôle des « plébéiens » ; la place des classes moyennes dans la lutte des classes ; son action antiouvrière et sa politique économique. Il dissipe ainsi les illusions anticapitalistes entretenues par le fascisme lui- même en montrant que son action bénéficie avant tout au capital économique et financier. L’auteur en tire un enseignement : « L’antifascisme est illusoire et fragile, qui se borne à la défensive et ne vise pas à abattre le capitalisme lui-même. »

La réédition proposée par les éditions Libertalia est à ce jour la plus complète. Elle comprend un prologue de l’auteur (« Quand le fascisme nous devançait »), une postface de Dwight Macdonald (première traduction intégrale) et un glossaire.

L’auteur

Du syndicalisme d’action directe au communisme libertaire, en passant par l’anticolonialisme et la libération sexuelle, Daniel Guérin (1904-1988) a été, dès le début des années 1930, de tous les combats de la gauche révolutionnaire. À la fois militant, essayiste et historien, il est l’auteur d’une vingtaine de livres, en particulier Bourgeois et bras-nus, Front populaire révolution manquée, Ni dieu ni maître. Tous disponibles à L’INSOUMISE.

 

 

Amérique(s) anarchiste(s)

Expressions libertaires du XIXe au XXIe siècle

Éditions nada
Collection : America libertaria
400 p.
$30

 

L’essor des mouvements anarchistes dans les Amériques des années 1860-1930 a donné naissance à un abondant matériel de propagande destiné à sensibiliser, éduquer et émanciper des masses travailleuses souvent illettrées ou issues d’une immigration récente. Presse, écoles, littérature et arts plastiques : tout fut mis en œuvre pour éveiller les consciences de populations hétérogènes, tant d’un point de vue économique et social, que linguistique et culturel. Aujourd’hui, alors que l’anarchisme semble renaître de ses cendres, les nouvelles technologies ont élargi l’éventail des médias utilisés par les organisations et militants libertaires.

Cet ouvrage présente et analyse l’œuvre journalistique, didactique et artistique de différents mouvements anarchistes américains, passés ou actuels, depuis les États-Unis jusqu’au Chili en passant par le Mexique, la Colombie et le Pérou, sans oublier deux des foyers les plus importants de l’anarchisme américain : l’Argentine et le Brésil. Il s’interroge par ailleurs sur les stratégies mises en place pour la diffusion de publications souvent interdites, sur leur réception et leur impact, ainsi que sur les interactions non seulement entre nations ou organisations, mais également entre création artistique et pensée libertaire.

Ouvrage coordonné par Paola Domingo, Alba Lara-Alengrin, Karim Benmiloud.

 

 

 


Maria Nikiforova, la révolution sans attendre.
L’épopée d’une anarchiste à travers l’Ukraine (1902-1919
)
Mila Cotlenko

Mutines Seditions
142 pages
$ 9

 

Etrangement, ni Voline, ni Archinov, pas plus que des historiens comme Skirda ou Avrich ne font une place à Maria Nikivorova dans leurs récits, alors que Makhno lui-même relate sans hésiter plusieurs épisodes qui donnent un éclairage sur les activités de Maria Nikiforova. Pour un anarchiste qui a vécu cette période en Ukraine – on la retrouve également dans les mémoires du chef d’état-major du mouvement insurrectionnel makhnoviste Viktor Belash –, il est difficile de ne pas en parler : elle faisait sans nul doute partie des compagnons incontournables.

A la tête d’un détachement de gardes noirs, soutenue par de nombreux ouvriers d’Alexandrovsk, ville située à côté de Gouliaï-Polié, d’où elle était originaire, mais aussi par les marins de Kronstadt, ses qualités d’oratrice autant que ses capacités pratiques installèrent rapidement sa renommée à travers tout le territoire ukrainien.

Fermement convaincue qu’il fallait approfondir le processus révolutionnaire en cours, elle n’hésitait pas en fonction des rapports de force sur place, à défier les autorités locales, même soi-disant «révolutionnaires», à exiger des contributions auprès de la bourgeoisie et des propriétaires terriens, à mener des expropriations (armes, vivres, argent et bâtiments, etc.), ce qui lui valut bientôt d’être mise au pilori des « anarcho-bandits » par le pouvoir bolchévik…

 

http://mutineseditions.free.fr/index.html

 

 

 

 

Autogestion pédagogique et éducation populaire

HUGUES LENOIR
Éditions libertaires
96 p.
$15

 

Cet ouvrage approfondi les précédents écrits de l’auteur. Il y démontre que les anarchistes furent toujours, même si d’autres courants de pensée y participèrent, à la pointe du combat éducatif en inscrivant celui-ci dans une démarche sociale et émancipatrice. La première partie du livre est consacrée au rôle que les libertaires jouèrent dans l’émergence des principes et des pratiques de l’autogestion pédagogique avant même que le concept lui-même n’apparaisse et comment aujourd’hui encore ils s’y impliquent. Dans une deuxième partie, l’auteur souligne la place qu’occupèrent, en France et dans le monde, les anarchistes dans le développement de l’éducation populaire et la permanence de leur action dans un secteur qu’il convient, souligne-t-il, de réinvestir et de se réapproprier afin d’échapper à la « scolarisation » autoritaire et délégataire de la société. Le livre se prolonge par un rappel et par un constat toujours d’actualité. A savoir que les enjeux de la connaissance et des dispositifs créés pour éduquer furent toujours au cœur de la lutte des classes. Il se referme pour terminer sur une évocation de la grande éducationniste que fut André Léo.

 

Hugues Lenoir est né à Paris dans un quartier ouvrier. Militant libertaire fidèle à ses idées, il a toujours tenté d’associer éducation et émancipation économique et sociale. Son parcours professionnel (université de Nanterre) et son itinéraire militant (Fédération anarchiste) sont autant de traces de cette volonté.

Cet article a été publié dans Divers, Livres en français, Section Éducation, Section extrême-droite et anti-fascisme, Section histoire de l'anarchisme. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

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