Livre en ligne | L’anarchisme – Daniel Guérin

L’anarchisme de Daniel Guérin est gratuit en pdf en ligne ici
Compte-rendu du livre l’anarchisme de Daniel Guérin tiré de La cause littéraire

Pour en savoir et en lire plus sur Daniel Guérin voir le site www.danielguerin.info et bataillesocialiste.wordpress.com

Si Daniel Guérin dans son texte L’anarchisme s’attache particulièrement à décrypter l’organisation économique de cette doctrine, cela tient à ce que les autres aspects – athéisme, antimilitarisme, liberté sexuelle… – ne sont lui pas spécifiques.

Qui dit anarchisme déclare à l’esprit lambda désordre, chaos, désorganisation. Et pourtant le mot anarchie, dérivé du grec, ne signifie rien de plus qu’une absence d’autorité ou de gouvernement. Balancée sans explication, une telle idée à notre esprit lambda, cela s’apparente à parler d’art à une poule. Pour comprendre, comme souvent, il vaut mieux demander à une personne un peu éclairée et franchement pédagogue (Daniel Guérin, par exemple), quelques explications.

L’anarchisme est une doctrine sociale dont les maîtres à penser sont Proudhon, Bakounine, Kropotkine, Stirner. Des hommes du XIXème siècle qui entre deux âges furent anarchistes de diverses influences (fédéraliste, collectiviste, syndicaliste ou même individualiste) et tentèrent de stimuler la révolution sociale.

Quelques unes de ses idées forces sont la liberté, l’opposition systématique à l’autoritarisme, au centralisme, au nationalisme, au colonialisme, le respect de l’être humain, la priorité donnée à l’éducation, l’importance de l’accès à la culture et aux soins… Plus étonnamment le végétarisme et le naturisme.

Loin d’être un mouvement de désorganisation, c’est une organisation naturelle du bas vers le haut de la circonférence vers le centre.

L’une des visions libertaires de l’organisation économique de la société, celle de Proudhon, est axée sur deux colonnes vertébrales. La première est l’interaction des associations autogérées, son squelette économique. La seconde est le fédéralisme des communes qui répond au besoin d’organisation de la société civile et à la gestion des services publics.

« Les instruments de production et d’échange ne doivent être gérés ni par des compagnies capitalistes ni par l’Etat (…), leur gestion est à confier à des associations ouvrières organisées comme telles :

– Tout individu a un droit indivis dans l’actif de la compagnie.

– Chaque ouvrier doit assumer sa part des corvées répugnantes et pénibles.

– Il doit parcourir une série de travaux et de connaissances, de grades et d’emplois qui lui assurent une formation encyclopédique. Proudhon tient absolument à faire « parcourir à l’ouvrier la série entière des opérations de l’industrie à laquelle il est attaché ».

– Les fonctions sont électives et les règlements soumis à l’approbation des associés.

– Les rémunérations sont proportionnées à la nature des fonctions, à l’importance du talent, à l’étendue de la responsabilité. Tout associé participe aux bénéfices dans la proportion de ses services.

– Chacun est libre de quitter à volonté l’association, de faire régler son temps et liquider ses droits.

– Les travailleurs associés choisissent leurs conducteurs, leurs ingénieurs, leurs architectes, leurs comptables.

– Les travailleurs associés ne doivent pas se soumettre à l’Etat mais être l’Etat lui-même ».

On pourra souligner que Bakounine appelait de ses vœux (au milieu du XIXème siècle) les Etats-Unis d’Europe comme seul moyen de « rendre impossible la guerre civile entre les différents peuples qui composent la famille européenne » ; tout en prenant soin de mettre en garde contre toute fédération européenne qui grouperait les Etats « tels qu’ils sont aujourd’hui constitués ».

Dans la troisième partie de son livre, Daniel Guérin décrit les principales tentatives de gestions anarchistes, dans la révolution russe, dans les conseils d’usine italiens, dans la révolution espagnole, et évoque à la lueur des années 60 quelques aspects anarchistes yougoslaves sous Tito et dans l’Algérie postcoloniale. Il rend hommage à ses praticiens, des hommes révoltés, et souligne les difficultés rencontrées pour mettre en place un système dans lequel, par principe, personne ne doit décider. L’auteur évoque dans les faits les erreurs commises, les tâtonnements, les réussites (et il y en eut surtout en Espagne), les défaites et l’injustice des accusations portées à son encontre.

Comme toute doctrine, l’anarchie a ses courants de pensées, ses utopies, ses batailles de mots, ses expériences pratiques réussies ou échouées, ses défenseurs, ses opposants et ses extrémistes. La doctrine ayant eu du mal à s’imposer au sein d’un mouvement de gauche de type autoritaire (regroupant la social-démocratie et le marxisme-léninisme) eut son lot de terroristes. Certains désespérés qui tentèrent d’imprimer leur vérité à la dynamite. La dynamite ne fit rien qu’une tache pernicieuse dans l’esprit des braves gens.

Alexandre Muller

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