« Wobblies & Hobos », l’univers culturel des travailleurs itinérants radicaux de la IWW

  Wobblies & Hobos de Joyce Kornbluh

Industrial Workers of the World : agitateurs itinérants aux Etats-Unis (1905-1919)

Joyce Kornbluh était une universitaire, spécialisée dans le mouvement ouvrier américain.

Format : 16,8 x 24 cm
256 pages
CD audio 21 titres
Prix : 35$

Encore chez L’Insomniaque, un nouveau livre sur le sujet inépuisable des IWW (Industrial Workers of the World) célèbre organisation syndicale révolutionnaire du début du 20ième siècle qui fût l’expression et le moyen de lutte des travailleurs-euses radicaux tant aux États-Unis qu’au Canada. On y trouve aussi un CD des chansons qui firent la renommée des IWW comme outils de propagande et de sociabilisation autour des camps de fortune tant des hobos que des autres travailleurs-euses.

Notons qu’entres autres deux autres livres en français à la librairie traitent de ce sujet:
le livre maintenant un classique chez Spartacus, de Larry Portis: IWW, le syndicalisme révolutionnaire aux États-Unis ( http://atheles.org/spartacus) et chez les éditions CNT-RP, de Franklin Rosemont: IWW: la création d’une contre-culture révolutionnaire aussi disponible en téléchargement gratos:
http://poiesique.lautre.net/

Enfin, on peut aussi consulter le blogue des camarades de la branche montréalaise des IWW aujourd’hui:
http://sitt.wordpress.com/

Hobos & Wobblies de Joyce Kornbluh

Présentation de l’éditeur:

Wobblies & Hobos relate l’histoire des IWW, un syndicat américain fondé en 1905 par des militants radicaux et qui joua un rôle essentiel dans la lutte des classes aux Etats-Unis, notamment dans l’ouest du pays.

Ils se firent connaître par une virulente campagne pour la liberté de parole, dont un épisode tragique, à Everett, dans l’État de Washington, se solda par de nombreux morts. Les militants des IWW, communément appelés Wobblies, fomentèrent de nombreuses grèves avant et pendant la guerre de 1914-1918, dont celles de Lawrence (1912) et de Patterson (1913), dans l’industrie du textile, furent endeuillées elles aussi par une répression féroce des milices patronales alliées aux forces de police locales.

Les Wobblies organisèrent tant les travailleurs de l’industrie du bois dans les grandes forêts reculées du Nord-Ouest que les journaliers de l’agriculture extensive en Californie et dans le Middle-West. Ils étaient particulièrement bien implantés parmi les mineurs du Montana et du Colorado, et organisèrent de nombreuses grèves dures dans le secteur minier.

Lors de l’entrée en guerre des USA en 1917 contre l’Allemagne et ses alliés, le patronat américain sut convaincre le gouvernement fédéral d’en finir avec les Wobblies. Une vague de répression se déclencha contre eux et des milliers de militants furent emprisonnés pour « trahison » et « sabotage de l’économie en temps de guerre ». Les IWW ne s’en relevèrent pas, même si ce syndicat existe encore de nos jours à l’état groupusculaire.

Les IWW étaient nés en opposition au syndicat confédéral corporatiste, raciste et chauvin, AFL, fondé par Samuel Gompers en 1886. Les Wobblies recrutaient parmi les travailleurs non qualifiés de toute race et de tout sexe : la main-d’œuvre féminine sous-payée du textile, les mineurs et journaliers noirs comme blancs, les immigrés fraîchement débarqués et parlant à peine l’anglais, et surtout les travailleurs saisonniers qui sillonnaient le continent en resquillant dans des trains de marchandise : les vagabonds du rail ou hobos.

Se reconnaissant dans les principes des IWW, les figures de proue se nomment Joe Hill, l’aventurier et chanteur d’origine suédoise qui fut condamné à mort dans l’Utah pour un meurtre qu’il n’avait pas commis, Harry McClintock, troubadour qui deviendra l’un des chanteurs de country music les plus célèbres de son temps, T-Bone Slim, poète ouvrier à qui l’on doit de nombreuses chansons des IWW. Leurs « compagnons de route » se nomment John Reed, Jack London, Upton Sinclair, John dos Pasos, grands écrivains américains des temps héroïques de la lutte des classes aux Etats-Unis.

Le livre se compose d’une histoire thématique et chronologique des IWW due à la plume de Joyce Kornbluh ; de documents afférents (chansons, poèmes, récits, témoignages d’époque) ; de 110 illustrations (photos, dessins de presse) ; y est inclus un CD qui contient 22 chansons : des blues inédits écrits et chanté par des hobos noirs dont la plupart sont devenus célèbres à défaut de devenir riches (tel Sleepy John Estes) et des chants ouvriers et protest-songs dus à la plume de Joe Hill, de T-Bone Slim ou d’autres, soit dans d’anciennes versions, soit joués par un groupe de blues rock montreuillois : Les Gommards.

Cet article a été publié dans Classiques de l'anarchisme, Livres en français, Média (audio, vidéo), Section syndicalisme, anarcho-syndicalisme. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

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