Précis d’anti-électoralisme élémentaire |120 motifs de ne pas aller voter

 »Le suffrage universel c’est la contre-révolution » -Bakounine

Avec les élections provinciale qui pourraient arriver d’ici l’automne, voici un livre en vente à l’Insoumise qui vous permettra soit de comprendre l’abstentionnisme ou d’affiner votre argumentaire. Pour un débat plus d’actualité, référez-vous à ce débat disponible sur Youtube sur l’électoralisme organisé en 2008 sur une base autonome avec des intervenantEs de différents groupes tel que la NEFAC, Gauche Socialiste (membre de QS), Groupe Internationaliste Ouvrier, Socialisme International.

Critique du livre par le site Dissidences
Voilà une réjouissante anthologie qui est publiée à quelques encablures de la présidentielle. Le titre est sans ambiguïté quant au contenu. Raoul Villette qui écrit l’introduction précise que la plupart des extraits émanent d’écrits anarchistes. Il en profite d’ailleurs au passage pour lancer une pique aux libertaires qui ont appelé à voter Chirac, contre Le Pen, au deuxième tour de la présidentielle en 2002. Les différentes contributions, souvent assez courtes, sont regroupées en six thèmes : l’imposture démocratique, la mystification électorale, la corruption parlementaire, la souveraineté fictive de l’électeur, la propagande capitaliste, l’abstention et au-delà. Sans grande surprise, la première signature est celle de Bakounine. En revanche, au fil du volume, on découvre des noms assez surprenants, voire franchement inattendus. Marx et Engels occupent une bonne place. En revanche, on n’attend pas franchement Alexis de Tocqueville ou l’élitiste Gaetano Mosca. Les journalistes du Monde diplomatique, Igancio Ramonet ou Christian de Brie ont droit à plusieurs mentions. On retrouve le Krivine de l’immédiat après 68, auteur d’un «  La farce électorale  ». Jacques Ellul ou James Burnham, qui conclut ce recueil, figurent sans doute parmi les plumes les plus inattendues de ce recueil qui intéressera aussi ceux qui déposeront un bulletin dans l’urne en 2007. Tout au moins, après lecture, ils le feront en étant plus conscients des limites de la démocratie actuelle, dont l’élection du Président de la République constitue le plus important déni.

Extrait du livre :

Par qui est composée la Chambre.

Electeur, aurais-tu la naïveté de croire que le Parlement rassemble l’élite de la nation ? Penses-tu que la Chambre réunit les gloires de la Science et de l’Art, les illustrations de la Pensée, les compétences de l’Industrie, du Commerce et de l’Agriculture, les probités ( ?) de la Finance ? Estimes-tu que le redoutable pouvoir de gouverner un peuple de quarante millions d’habitants est dévolu aux plus honnêtes et aux plus méritants ?

Si oui, détrompe-toi. Promène tes regards sur les travées de la Chambre et vois par quels gens elles sont occupées : avocats sans cause, médecins sans clientèle, commerçants douteux, industriels sans connaissances spéciales, journalistes sans talent, financiers sans scrupules, désœuvrés et riches sans occupations définies.

Tout ce monde intrigue, bavarde, marchande, agiote, fait des affaires, se démène, se bouscule et court à la recherche des plaisirs, de la richesse et des sinécures grassement rétribuées.

Cela t’étonne, électeur candide ? Une minute de réflexion dissipera ta surprise. Demande-toi comment il se fait que X, Y ou Z soient députés.

Leur siège est-il la récompense des mérites manifestes, des actions d’éclat, du bien accompli, des services rendus, qui les ont recommandés à l’estime et à la confiance publiques ?

Est-il le salaire équitable des connaissances spéciales qu’ils ont acquises, des hautes études dont ils ont parcouru le cycle brillant, de l’expérience que leur vaut une existence toute de labeur ?

A-t-on exigé d’eux, comme des professeurs, des pharmaciens, des ingénieurs, des examens, des diplômes, l’admission dans certaines écoles, le stage réglementaire ?

Regarde : celui-ci doit son mandat à l’argent ; celui-là à l’intrigue ; ce troisième à une candidature officielle ; ce quatrième à l’appui d’un journal dont il a engraissé le caisse ; cet autre au vin, au cidre, à la bière ou à l’alcool dont il a empli le gosier de ses mandants ; ce vieux aux coquetteries complaisantes de sa jeune femme ; ce jeune aux promesses éblouissantes qu’il a prodiguées de palmes, de bureaux de tabacs, de places et de recommandations ; tous à des procédés plus ou moins louches qui n’ont aucun rapport avec le mérite ou le talent ; tous, de toutes façons, au nombre de suffrages qu’ils ont obtenus.

Et le nombre n’a rien à voir avec le mérite, le courage, la probité, le caractère, l’intelligence, le savoir, les services rendus, les actions d’éclat. La majorité des suffrages ne consacre ni la valeur morale, ni la supériorité intellectuelle, ni la Justice, ni la Raison.

On serait autorisé à dire que c’est plutôt le contraire.

(Sébastien Faure. Electeur, écoute ! Bureau anti-parlementaire, 1919).

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